du 23 au 25 decembre

Publié le par CapAsia

Vendredi 23 decembre

Ce matin nous prenons une correspondance pour Tabriz ou nous attendent 2 esperantistes. Le bus ne demarre pas, probleme moteur. A son bord, les gens restent calmes et courtois, le temps ici n'est pas la preoccupation des voyageurs. Finalement nous prenons le route avec une heure de retard, rien de tres anormal. Dans ce bus archaique, les femmes ne sont pas separees des hommes. Nous sommes installes dans la derniere rangee de siege qui devient un four quand le moteur commence a chauffer. Comme les automobilistes, le chauffeur de car roule pied au plancher. Ici les pietons ne sont pas prioritaires et toute traversee de la chaussee est une epreuve.

Pendant les 4 heures de trajet pour 250 km, nous sommes controles 3 fois par des barrages routiers. Depuis une semaine seulement, le port de la ceinture est obligatoire dans le pays et l'Etat veille a l'application des regles.

Nous arrivons a Tabriz sous la neige. Cette ville de plus d'un million d'habitants est la capitale de l'Azerbaidjan iranien et la langue maternelle des habitants est le turc. Arghan, l'un des deux esperantistes vient nous chercher a la gare routiere et nous conduit dans un hotel bon marche. Nous partons immediatement visiter la ville qui compte de nombreux monuments interessants. Nous commencons par le mausolee des poetes. Les iraniens ont une profonde passion pour les poetes et Arghan est fier de nous presenter la tombe de Shahriah, le plus celebre poete de Tabriz.

Nous rejoignions un peu plus tard Gader, l'autre esperantiste qui tient un ''coffeenet'', un cyber -cafe iranien. Nous en profitons pour rediger quelques articles mais Remi est vraiment tres malade ce soir et nous rentrons a l'hotel.

Samedi 24 decembre

Ce matin nous changeons de chambre dans l'hotel. Fatigue de ses incessants aller-retour aux toilettes pendant la nuit, Remi prefere les avoir dans la chambre. Nous filons ensuite au bazar avec Arghan. Long de 35 km, il contient 7000 boutiques et 24 caravanserails aujourd'hui occupes par les vendeurs de tapis. Ici l'atmosphere est bien differente de celle des bazars turcs dans lesquels le touriste est plus souvent une proie qu'une curiosite. Les nombreux ateliers rassemblent de nombreux corps de metiers : cordonniers, tisserands, fabricants de chapeaux...

Nous passons ensuite chez Nasser Khan, le celebre responsable de l'Office du Tourisme qu'on appelle ici ''le blanc''. Il parle 8 langues couramment et connait la ville comme sa poche. Informe du but de notre voyage, il appelle aussitot la television locale! Apres tout, pourquoi pas, si celle-ci se montre interessee. Et puis devant l'amabilite de Nasser, c'est une forme de remerciement.

Le presentateur veut un sujet ''vivant''. Nous ramenons donc le chariot depuis l'hotel et partons pour une ''promenade'' en plein centre de Tabriz. Les iraniens tiennent absolument a nous coller sur le chariot un portrait de l'Ayatollah Khomeini! Honteux, nous n'avons d'autres choix que d'accepter. Alors que la majorite des gens que nous avons rencontres depuis notre arrivee denoncent le regime des mollahs, nous le cautionnons contre notre volonte! Et le presentateur, pendant que le cameraman insiste lourdement sur le petit autocollant, veut en plus connaitre notre opinion politique. Allons-nous repondre, au risque de nous faire purement et simplement expulses du pays, que le monde occidental denonce les dernieres elections presidentielles? Pouvons-nous reelement dire ce que l'on a entendu depuis notre arrivee il y'a trois jours seulement? Nous nous contentons de dire, vaguement, que nous attendons de voir et que nous nous questionnons sur l'avenir de l'Iran et sur ses orientations politiques.

Un couple de quinqa italien qui rejoint le Pakistan puis l'Inde en Combi Volkswagen ont prefere s'abstenir de passer a la tele. Nous saurons retenir la lecon.

Apres cet episode peu glorieux, nous partons avec nos amis esperantistes en direction du parc ElGoli situe a 7 km du centre. Ce jardin magnifique sur les hauteurs de la ville rassemble des milliers de Tabrizi pendant les longues soirees d'ete, autour d un pique-nique et d' un qaydan, la pipe a eau iranienne. Il est plus calme ce soir car la temperature est terriblement fraiche. Remi doit rentrer a l'hotel, il vient de nouveau d'avoir une crise et son incontinence le rend dingue. C'est Noel ce soir mais malheureusement, la tourista ne s'absente pas pour les grandes occasions! Tant pis, nous nous rattraperons plus tard.

Dimanche 25 decembre

Joyeux Noel! Et oui, meme si l'environnement ne s'y prete pas, nous sommes fiers de passer cette journee en Iran. Pas de cadeaux aux pieds du sapin mais l'humble satisfaction d'etre arrives jusqu'ici sans (trop d') encombres. Nous voulions quitter a ville en marchant aujourd'hui mais cela n'est pas raisonnable. Remi a perdu au moins 3 kg dans la semaine et est trop affaibli pour marcher. Mais nous devons avancer et nous decidons de prendre de nouveau le bus. Nous sommes desormais confrontes au probleme des visas et du temps de sejour dans les pays. Auparavant, nous devons poster les lettres que nous venons d'ecrire. Nous sommes en pleine periode d'inscription universitaire et la poste centrale de Tabriz est noire de monde. Il y'a peut-etre un millier de personnes dans la salle qui compte environ 50 guichets. Mais les iraniens sont charmants et j'accede (Alexis) assez rapidement a un guichet. Je presente mes lettres mais ma demande semble troubler la jeune femme. Comme si envoyer du courrier dans une poste avait quelques chose de surprenant. Elle appelle un responsable pour l'assister mais pour celui-ci egalement, la procedure semble etrangere. Je m'enerve, voila 10 minutes que j'attends un carnet de timbres, un simple carnet de timbres, pas un morceau de viande... Un troisieme prepose plus au fait semble prendre l'affaire personnelement. Rassurant, il me demande de l'attendre. Et puis plus rien, il ne revient pas. Je suis depite et repars avec mes enveloppes et mon sourire dans la poche. Heureusement, notre ami Arghan, d'un calme imperturbable nous propose de nous rendre dans un bureau de poste de quartier. Ici le probleme est different : nos enveloppes ne sont pas utilisables, il faut utiliser des enveloppes sur lesquelles les champs sont inscrits en farsi. Et nous voila attables et occupes a ouvrir une a une les lettres pour les transferer dans de nouvelles enveloppes. Quelle histoire! Vous qui lisez ces lignes, si vous recevez une carte d'Iran, sachez que ce ne fut pas une mince affaire.

Nous rejoignions la gare routiere et partons dans un bus VOLVO. En Iran, il y'a deux categories de bus, les ''lux'' et les ''supers''. Les lux sont de vieux bus Mercedes des annees 60 alors que les Volvo ont seulement une dizaine d'annees.

Nous stoppons a Zanjan apres 5 heures de trajet a travers les montagnes du nord-ouest de l'Iran. Nous denichons un hotel avant de partir reveillonner. Remi semble gueri et a retrouve l'appetit. Nous dinons dans un caravanserail reconverti en restaurant. Le repas est excellent et nous rencontrons une famille fort sympathique avec qui nous bravons les interdits : nous applaudissons les musiciens!

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Publié dans Iran

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C
Mon rémi,<br /> je te souhaite tout plein de bonheur pour cette nouvelle année 2006 et surtout continue à bien prendre soin de toi..tu vis une expérience magnifique et unique..j'ai hate de te revoir vite pour que tu puisses me faire partager ton expérience..<br /> Enormes bisous d'espagne de madrid ( je suis devenue une vraie espagnole..je suis pour un an en espagne!!))<br /> bonne continuation et je pense bien fort à toi.<br /> christine
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Y
bon courage a vou 2 et merci alex  pour la carte postal ca fai vraimen plaizir.je c pa si c possib de discuter avc vou en direct si kelk1 le c , faite le moi savoir merci...bonne continuation et bone route et surtou profité o maximum de cette bel aventur....chao et a biento yannick<br />  
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F
BONNE ANNEE 2006, pleine de kilomètres, d'aventures et d'expériences enrichissantes.
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J
Vous êtes de plus en plus loin de nous, mais ça vous rend encore plus proches ! On est très fiers de vous, de la capacité d'adaptation que vous montrez jour après jour, parfois inquiets aussi, bien sûr, mais on vous sent capables de surmonter les obstacles.<br /> Plus de trois mois de route déjà, mais il vous reste encore tant à voir... Que l'année qui va commencer vous apporte toutes les joies, les rencontres et les découvertes que vous espérez. Quant à nous, des écrans de nos ordis, nous vous suivrons avec toujours autant de passion, tout en regrettant de ne pas pouvoir partager un peu de votre chemin...<br /> Plein de bises et courage à tous les deux.
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P
salut les gars, je vous souhaite un joyeux noël. J'espère que Rémi va bien se remettre et que vous allez pouvoir continuer votre route.<br /> La pensée ignore les mers et les montagnes.<br /> Pierre LR<br />  
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