Derniers jours en Iran
Du vendredi 20 au samedi 21 janvier : un week-end de repos a Tehran
Vendredi matin nous retrouvons Said, le voisin d’Alexis en France. Il habite les quartiers nord de la ville, qui offrent un beau panorama sur les montagnes enneigees environnantes. Tout le week-end, sa famille nous met aux soins. Nous pouvons largement nous reposer après cette viree de marche dans le desert iranien, -et recuperer de cette nuit eprouvante dans le bus ou notre sommeil a ete largement interrompu par les nombreux controles de police traquant le trafic de drogues qui transitent entre le Pakistan et l’Europe- nous replonger dans l’atmosphere ennivrante du bazar, gouter a la joie de circuler dans les rues de la ville (pas moins d’un bus, de deux taxis bien presses et de pres de deux heures sont necessaries pour traverser Teheran du Sud au Nord!), acheter quelques souvenirs pour la famille, et…recuperer le chariot laisse 20 jours plus tot chez Hamzeh. 20 jours deja qui nous ont laisse le temps d’oublier a quel point nous etions charges ! Nous reexpedions quelques affaires en France par l’intermediaire de Said et renouvellons le contenu de nos sacs histoire d’etre plus legers pour la suite de l’aventure.
Dimanche 22 janvier : Teheran-Sari, ou comment passer 7h dans un train
Nous choisissons d’emprunter la ligne de train Teheran-Sari pour quitter la capitale. Construite dans les annees 30 part le Shah Reza, la voie ferree traverse par une prouesse technique (“Three Golden Lines”) des paysages montagneux renversants. Nous, comme les autres passagers, sommes colles aux vitres pour admirer la vallee enneigee en contrebas.
Le soir, il nous faut trouver un endroit ou dormer. Le froid est vigoureux et nous empeche de planter la tente. Que faire? Marcher jusqu’a Gas, village sur les bords de
Abbas nous deviance : après nous avoir fait quelques frayeurs a rouler trop vite vers une “repere de brigands” en pleine brousse (ou nous degusterons finalement un succulent “bokhole”, plats de gros fayots cuits), il nous invite tres chaleureusement chez lui pour la nuit.
Lundi 23 janvier : une journee pas comme les autres
Nous quittons Abbas vers 8h. Le temps est magnifique. Après 20 jours passes dans le desert, nous prenons plaisir a marcher dans le décor verdoyant des bords de
Nous pourrions marcher pendant des heures aujourd’hui mais terminons finalement après
Riche chef d’entreprise, il nous propose une chambre dans un hotel a 6km de Gorgan. Nous acceptons, loin de soupconner que nous aterririons dans la meilleure auberge de la ville ! La-bas, petits plats dans les grands, buffet a volonte !
Mardi 24 janvier : Sacre Hamid !
L’hotel est idealement place pour monter vers Ziyaret, que Hasran nous a presente comme une jolie bourgade de montagne. Mais le brouillard et les constructions en beton qui remplacent peu a peu les vieilles fermes ont raison de nous. Rebroussons chemin sans meme avoir vu les chutes d’eau.
Nous consacrons l’apres-midi a la visite de Gorgan, puis repartons en direction de Mashhad. Repartons ? Non…pas tout a fait. Hamid, cycliste, la trentaine, que nous croisons par hazard dans la rue nous interpelle : “Come ti my house, you are my guest for tonight”. A 16h30, pas encore sorti de la ville, difficile de refuser.
Nous sommes encore loin d’imaginer de partager ce soir une exceptionnelle tranche de vie d’une famille iranienne.
Mercredi 25 janvier : un bond de
Dernieres photos avant de partir. Notre famille du jour semble emue de nous voir partir. Hamid tient a nous accompagner au bus. Soit. Mais qu’il nous le paye et nous offer deux sacs de provisions, c’est trop ! Nous sommes au summum de la generosite et cela nous est tres genant. Impossible de payer cependant…ce serait le vexer !
Direction Sharud, ou nous tombons sur un enorme bazaar decouvert. Tres sympa ! On y trouve de tout : fruits, legumes, outils de bricolage…
Faisons ensuite du stop en compagnie d’un jeune et de son pere trop gentils. Ils s’arretent pour nous aux deux caravanserails que nous souhaitions visiter et nous proposent de nous emmener a Masshad dans la foulee. Prenons en hate la decision de les suivre. Nous voila donc ce soir dans la ville sainte du pays, ou chaque annee 12 millions de pelerins se rendent pour se recueillir sur la tombe de l’Imam Rezah (8e descendant du Prophete).
Du jeudi 26 au samedi 28 janvier : Mashhad et la frontiere turkmene
Nous sommes acceuillis dans la belle famille de Said. Rencontrons par la meme occasion Ali, le voisin avec qui nous visitons la tombe de Ferdosi a Tus et degustons un delicieux “dizi” (soupe de legumes accompagnee d’une bouillie d’agneau) a Torqabeh, ville bien trop touristique l’ete et bien trop triste l’hiver. Dommage…
Le lendemain, nous avons la mauvaise surprise de ne pas pouvoir visiter la place de l’Imam Rezah. Enfin si mais en compagnie d’un guide. Impossible toutefois de rentrer dans la mosquee pour des non-musulmans. Impossible aussi d’assiter a la grande priere du vendredi. On nous bloque a l’entrée. Nous protestons, mais en vain. Nous sommes a ce moment decus du comportement des iraniens. Alors que nous disions les regretter la veille, nous pensons aujourd’hui a d’autres horizons.
Filons donc vers la frontiere turkmene, après avoir chaleureusement remercier Myriam et sa famille.
La visite du caravanserail de Rubat Sharaf marque notre derniere journee en Iran. Le monument, dont nous avons du soudoyer le gardien pour qu’il nous ouvre ses portes, est splendide et nous redonne le sourire.
Samedi soir nous goutons une derniere fois au the iranien chez Milat, avant de preparer notre passage de frontiere dans le seul hotel de Sarrakhs.