Une viree dans le desert iranien

Publié le par CapAsia

Lundi 9/01

 

 

Ce matin nous prenons la route a 7h15, après un semblant de petit déjeuner chez Abbas avec qui nous n’aurons finalement pas vraiment échange. L’étape du jour est longue de 45 km et nous permet de rejoindre Na’in, une oasis dans le désert, en plein centre géographique de l’Iran. Cette étape est l’une des plus difficiles que nous ayons réalisée. Pendant plus de 10h nous longeons une voie rapide très fréquentée alors que la température extérieure ne dépasse pas les 3 degrés. Les 20 derniers kilomètres ne sont qu’une ligne droite infernale où nous avons la ville en point de mire. Plus on s’approche de celle-ci, plus on a l’impression de la voir s’éloigner. Les lignes droites sont si décourageantes…

 

Nous atteignons enfin l’immense rond-point où viennent se croiser 4 grands axes desservant tout le pays. Extenués, nous logeons dans le premier hôtel venu, l’affreux Eslami Inn. Affreux par ses chambres sales et poussiéreuses mais surtout par son psychopathe de gérant. Jamais nous n’étions tombe sur un véritable fou pendant nos 4 premiers mois de voyage, c’est maintenant chose faite. L’homme, aussi sale que la literie des chambres est sérieusement dérange. A 9h30, alors que Remi nettoie notre popotte dans le lavabo déglingué, le-fou sort de sa chambre en hurlant qu’il ne peut pas dormir… Comment prétendre que le lavabo fait du bruit alors que les chambres donnent sur la rue ou les jeunes passent le temps a faire ronfler leurs petites motos? Il repousse sa crise 10 minutes plus tard alors que nous nous lavons dans le même lavabo qui est le seul point d’eau de l’hôtel. Il veut clairement nous foutre a la porte, nous, ses seuls et sympathiques clients…

 

 

Mardi 10/01

 

 

La nuit a été bruyante et puante. Les toilettes embaument tout l’hôtel et donnent la nausée des ce matin. Quand je descends a 7h pour faire les courses pour le petit déjeuner, le fou est en grande forme. Nous n’avons pas prononce un mot qu’il hurle déjà dans le couloir. Quand je remonte un quart d’heure plus tard, il gueule ‘’hasht tamam, hasht tamam’’ ce qui signifie qu’il veut nous voir dehors a 8 heures. Incroyable, qu’aurait-il dit si nous avions décide de prendre une journée de repos aujourd’hui? Remi prend tout son temps pour boucler son sac alors que le-fou fait les 100 pas dans le couloir…

 

Nous quittons l’établissement avec l’envie de lui flanquer la main sur la figure mais nous nous contenterons d’une dernière opposition ou fleurissent les noms d’oiseaux…

 

La route qui mène a Yazd promet d’être du même cru que celle d’hier et nous décidons de rejoindre une route secondaire pour notre marche du jour. Un chauffeur routier nous prend dans son vieux Mercedes et nous conduit jusqu’au village de Meybod qui fut une étape importante sur la route de la Soie. La bourgade conserve un complexe magnifiquement restaure qui regroupe un caravansérail safavide du XVIII e siècle, une citerne (réserve d’eau) avec 4 tours du vent qui permettent de garder l’eau fraîche en été par un système élabore de trappes et de volets. Pour rafraîchir l’eau, les habitants fermaient les volets des cotes ouest et sud, laissant ouverts ceux de l’est et du nord. Il suffit, car le système ancetre de la climatisation est toujours utilise, d’inverser le process pour réchauffer l’eau. Ce bassin d’eau donne sur les pièces de vie qui bénéficient donc d’une régulation naturelle et efficace de la température. Un batiment-glaciere et un château complètent les curiosités du village. Nous y déjeunons, au soleil, avant de reprendre la direction d’Ardanak. Ici comme dans tous les villages du désert, les maisons sont orientées plein nord pour profiter au maximum de la fraîcheur et du vent. Pendant la petite marche de 8 km qui séparent les deux bourgades, la douleur de Remi se réveille. Cette tendinite est décidément tenace. Nous prenons une pause en arrivant à Ardakan. Il parait qu’on prépare ici les meilleurs kebabs de chameau de tout le pays. Alors que Remi est reste sur le banc, je monte a l’arrière de la moto d’Ali, un papi qui se propose de nous aider a dénicher ces fameux sandwichs. Apres 5 échoppes, nous trouvons enfin cette viande qu’on nous annonçait succulente et qui, il faut le dire, n’a rien d’extraordinaire.

 

Il est bientôt 16h et nous prenons la direction de ChakChak, la capitale du zoroastrisme, la religion du feu, la plus ancienne des religions. Le site est à 45 km et nous camperons ce soir dans le désert, après avoir avance de quelques kilomètres. Nous devons paraître perdus pour qu’Ali, un jeune étudiant en design de tapis nous interpelle : ‘’can I help you?’’. Apres 5 minutes de discussion, il nous propose de passer la nuit chez lui et ses 3 amis colocataires et de prendre la direction de ChakChak demain matin. Nous acceptons volontiers l’invitation, ravis a l’idee de passer la soirée chez des étudiants avec qui nous avons tellement a échanger. En Iran, le classement au baccalauréat permet ou non le choix des études supérieures. Ainsi Ali, originaire de Téhéran se retrouve dans ce village du désert, a dessiner des motifs pour les tapis alors qu’il aurait aime faire carrière dans la musique. En ville nos croisons d’autres étudiants en design de tapis. Certains négocient leurs dessins avec les fabricants pour des tarifs atteignant parfois 600 a 700 euros.

 

La soirée est très décontractée et pour cause, a la télévision, Le Corniaud avec Bourvil et Louis de Funès est diffuse. Ce dernier est très connu en Iran et amuse autant hors de nos frontières!

 

 

Mercredi 11/01

 

 

Nous partons à 7h, 45 kilomètres nous attendent. Nous prévoyons quelques provisions, surtout du pain et de l’eau. L’asphalte n’est plus qu’un souvenir, nous empruntons désormais les pistes du désert. Les voitures sont peu nombreuses, 5 par heure tout au plus. Des motos plus nombreuses traînent derrière elles du bois sec. Où vont-ils? Il n’y a pas une maison avant 45 kilomètres. Le sol est si pauvre qu’aucun arbre n’y pousse et il est possible que ces escadrons de motards ravitaillent des campements de nomades. Nous espérions d’ailleurs en voir aujourd’hui mais la piste principale ne permet pas d’en rencontrer.

 

Apres notre pause déjeuner, nous re-croisons deux jeunes qui nous avaient propose de nous conduire a ChakChak avec leur pick-up dans la matinée. Ils viennent de Téhéran et y retournent aujourd’hui après quelques jours dans la région. Ils nous offrent le thé et des pâtisseries très sucrées dont les iraniens raffolent. 5 kilomètres plus loin ce sont des graines de tournesol qu’on nous offre, puis des oranges et des pommes. Il faut croire que l’hostilité de l’environnement rend les gens attentionnes et généreux. Nous atteignons ChakChak vers 17h, juste avant la tombée de la nuit. Alors que nous croyions être arrives dans un village, nous constatons qu’il n’y a ici qu’une magnifique falaise dans laquelle se trouve le temple du feu éternel et quelques bâtiments pour loger les pèlerins. Le site est mystique et la soirée que nous allons y passer est mythique.

 

Ils sont ici une vingtaine d’amis venus d’Ispahan pour deux jours. Assis autour du feu, nous sommes vite mis a notre aise. Quelques uns parlent anglais et nous expliquent qu’ils viennent ici une ou deux fois par an pour passer du ‘’bon temps’’. Et pour cause, la soirée sera bel et bien magique! Les hommes, assis en rond enchaîneront poèmes, complaintes et danses autour des volutes bleutées dégagées par la pipe a opium. Pendant la récitation des poèmes de Hafez, le plus célèbre poète iranien, les hommes entrent dans une autre dimension. Ils pleurent, tout simplement. Tête baissée, chacun en silence boit les paroles du conteur. L’un d’eux entre même en transe, effectuant de grands mouvements circulaires de la tête. Nous mangeons ensuite de délicieux kebabs de poulet prépares dans la pièce. Venus pour deux jours, les hommes auraient assez de nourriture pour tenir ici une semaine!

 

Fatigues, nous nous endormons vers minuit, laissant nos amis continuer la fête et dépasser les interdits du pays.

 

 

Jeudi 12/01

 

 

A 6h30 certains sont déjà debouts ou peut-être pas encore couches. Le temps est gris et menaçant mais nous décidons de partir après avoir partage un solide petit déjeuner. Le temps de se dire au revoir, de s’échanger les adresses et de se promettre de se revoir et il est déjà plus de 8h30. Deux itinéraires sont possibles pour rejoindre le village de Kharanaq d’ou nous prendrons une liaison pour Yazd ou nous attend un ami espérantiste : la route asphaltée ou les pistes du désert. Encourages par le gardien du temple, nous choisissons une nouvelle fois de partir dans le désert. Grossière erreur! On ne voit pas à 10 mètres et la pluie commence a tomber. Nous devons partir vers l’est mais l’orientation par le soleil est impossible aujourd’hui. Apres deux heures de marche, il faut se rendre a l’évidence, nous sommes complètement perdus. Combien de kilomètres doit-on faire avant que cette piste mène quelque part? Doit-on rebrousser chemin ou insister? Nous marchons désormais sans but, trempes jusqu’aux os par cette pluie qui ne cesse de tomber, avançant a défaut de trouver le moindre abri. Nous ne parlons pas, chacun de nous s’imaginant de multiples scénarios, priant pour croiser quelqu’un.

 

Apres 15km nous apercevons les phares d’une voiture qui approche. Le conducteur ne ralentit pas aussi je me mets en travers de la route pour l’obliger a s’arrêter. Deux hommes sont a son bord et confirment ce que nous savions déjà : nous sommes dans la direction opposée a celle que nous voulions suivre. Ali le conducteur s’amuse de la scène et nous invite a son bord. Nous montons sans rechigner, peu importe ou nous allons, il nous faut sortir de l’impasse. Nous rendons visite a un vieil homme qui vit seul dans une pièce minuscule en plein désert avec pour seul confort un poele, deux couvertures et une théière. Qui est-il? Que peut-il bien faire ici, a des kilomètres du premier village? Se cache-t-il?

 

Ali repart en direction de Yazd et nous propose de nous y conduire. Nous acceptons, bien conscients que nous ne pourrons reprendre la marche aujourd’hui. Ahmed, notre contact espérantiste vient nous chercher et nous met a disposition son ancien appartement d’ou il vient de déménager. Nous nous douchons et nous accordons une sieste de deux heures, la première depuis 4 mois de voyage.

 

Ahmed nous invite ensuite à passer la soirée chez lui.

 

 

Vendredi 13/01

 

 

Nous sortons vers 7h30 pour visiter toute la journée cette ville que l’on nous annonce si belle. En Iran, il est possible de s’offrir un petit déjeuner royal pour moins d’un euro pour deux. La recette est simple : attendre avec les iraniens dans l’une des longues files devant une boulangerie et acheter deux galettes chaudes et succulents pour 0,10 euro. Tartiner ces galettes d’un peu de miel ou de chocolat (compter 0.50 euro le pot) et accompagner le tout d’un délicieux jus de fruits frais ou d’un milk-shake qu’ils font si bons pour 0.20 euro pièce. C’est si bon que l’on remet ça immédiatement!

 

La ville possède les plus belles tours du vent du pays ainsi qu’un quartier zoroastrien très colore. Malheureusement la météo n’est pas de la partie car la neige tombe dru. Nous préférons donc la visite de la mosquée Jameh (mosquée du vendredi) mais nous partageons un sentiment commun : nous sommes blases. Blases des coupoles bleues et des mosaïques, blases des mihrabs en stuc et des céramiques qui décorent pourtant merveilleusement les monuments du pays. C’est bien la marche qui nous procure les plus beaux moments et précipite les plus belles rencontres. Décidément nous ne sommes pas urbains et préférons le mode de vie que nous adoptons depuis 4 mois. Est-ce pour cela que nous pique-niquons encore ce midi? En tout cas si ce sont des raisons économiques qui nous font préférer nos sandwichs aux traditionnels kebabs, nous avons trouve la solution : 0.85 euro pour ce midi, qui dit mieux?

 

Comme pour se donner bonne conscience nous finissons la balade ‘’Lonely Planet’’ commencée ce matin mais il faut bien admettre que le coeur n’y est pas. En fin d’apres-midi nous décidons d’acheter quelques pâtisseries pour la soirée. Les deux frères qui tiennent la boutique sont charmants et nous demandent si nous avons quelques euros a leur montrer. Nous sortons les seuls centimes que nous avons, en tout 0.20 euro. Ils les regardent sous tous les angles, nous leur donnons donc. Comme si ces piécettes avaient une grande valeur, ils insistent pour nous remplir la boite de pâtisseries! ‘’Non, non, ce ne sont que des centimes!... Quoique je goûterais bien celle-ci!’’

 

 

Samedi 14/01

 

 

Nous nous étions promis de ne pas quitter Yazd sans nous rendre dans une ‘’Zurkhaneh’’, littéralement ‘’maison de force’’.  Pour cela il faut être matinal et le reveil nous sort des sacs de couchage des 4h20. Nous déjeunons en vitesse et rejoignions le centre-ville en mini-bus. A 5h30, nous frappons à la porte. L’entraîneur est la et attend ses athlètes. Surpris de nous voir la, il nous accueille les bras ouverts et nous offre thé et pâtisseries, comme pour nous dire merci de nous être levés si tôt. Bien trop tôt d’ailleurs puisque le premier athlète arrive a 6h20, alors que nous commencions a désespérer. En guise d’échauffement, il s’allonge sur le dos et soulève simultanément un poids de 30 kg dans chaque main en suivant le rythme impose par la percussion du meneur. Une, deux, trois…trente fois! L’homme est une force de la nature, un véritable Goliath… bientôt rejoint par David, un deuxième athlète bien plus fin mais tellement plus gracieux. Car les maisons de force sont tout sauf des clubs de musculation. On vient ici pratiquer un art bien plus fascinant que le levage de fonte! La puissance musculaire n’est pas une fin en soi, bien plus important ici est d’être en rythme avec le maître de cérémonie qui chante et donne la cadence à l’aide de sa percussion. La force vient par la suite, naturellement.

 

La séance dure une heure et, alors que nous prévoyions de partir aujourd’hui, la météo nous contraint une nouvelle fois à patienter. Il neige de plus en plus et le vent qui souffle nous empêche clairement de partir. Nous profitons donc de la journée pour mettre a jour notre site et passer la soirée chez Ahmed.

Dimanche 15 janvier

 

 

Le réveil est matinal ce matin : 6h00. Nous prenons un minibus afin de quitter l’agglomération de Yazd et débuter une marche a partir de Mehriz, en direction de Kerman. Notre but est de rallier la caravansérail de Zein-o-din dans la journée.

 

La route est parfaitement rectiligne et les 30 km parcourus en compagnie des camions bruyants sont monotones. Au loin, une énorme bâtisse borde la route. L’architecture n’est pas propre aux caravansérails déjà visites , mais même réaménage en hôtel de luxe celui-ci mérite le coup d’oeil.

 

 

 

Il est déjà 16h et se pose comme tous les jours la question de savoir ou dormir. Un peu plus loin, un berger et son fils nous proposent l’hospitalité, que nous déclinons. Nous préférons faire du stop et rejoindre Masjed-e-Abolfazl (Mosquee de Abolfazl littéralement) ou nous pourrons dormir sereinement en compagnie de pèlerins.

 

 

Hossein et Habib s’arrêtent. La trentaine, parlent quelques mots d’anglais, des têtes bien sympathiques. Ils nous inspire tant confiance que nous décidons finalement d’accepter leur invitation, chez eux a Kerman.

 

Nous passons en leur compagnie une soirée conviviale, a répondre a leurs interrogations sur la France et échangeant des photos.

 

 

Lundi 16 janvier

 

 

Nous sommes prêts a décoller a 7h30 mais il faut attendre 8h avant de voir émerger nos hotes (couchent-tard, levent-tard comme on dit ! Nous sommes des matinaux…). Nous consacrons notre matinee a la visite du bazar de Kerman, ou il règne une étrange atmosphère : située entre les deux déserts (Dasht-e-Kavir et Dasht-e-Lut), le temps y est beau et chaud, les gens ont un teint plus fonce et portent des tenues plus amples : bienvenue dans le sud-est iranien, proche du Pakistan et du sous-continent indien !

 

 

Nous quittons péniblement la ville a pied, au milieu du bruit et de la poussière soulevée par les voitures. Nous suivons sur 25 km le ruban d’asphalte jusqu’a Jupar, constatant la conduite “musclée” des iraniens : voitures a contresens, camions nous frôlant le long de la chaussée. Pas mécontents donc d’atteindre Jupar en fin d’une chaude après-midi…

 

 

Nous y découvrons un village paisible ou pèlerins se rendent pour se recueillir sur le tombeau du frère de l’Imam Reza (un des douze successeurs directs du Prophète Mahomet).

 

Nous dormons dans un mosaferkhuneh pour la modique somme de 10 000 rials (1 euro).

 

 

Mardi 17 janvier

 

 

Nous avons desormais acquis un bon rythme : leve 6h, copieux petit dejeuner improvise (galette de pain, oeufs poches, miel) et depart 1h10 plus tard pour commencer notre marche. Nous visitons ce matin un qanat (puits creuse dans le desert afin d’acheminer de l’eau d’une source souterraine dans le centre de la ville. Systeme ingenieux d’irrigation invente il y a 2000 ans). Curieusement et sans explication notable, l’eau qui y coule est tiede alors que la nuit, elle, fut très fraîche.

 

Puis poursuivons notre chemin sur une route vallonnée dans les montagnes environnantes et atteignons Mahan 20 km plus loin.

 

Nous voulons gagner ce soir Rayen, village ou nous espérons dormir dans la citadelle. Nous y parvenons en autostop grâce à Akbar, chauffeur routier bien sympathique. Là-bas, Hossein, fabricant de couteaux, nous assure la visite de ce superbe ensemble de près de 1000 ans. Malheureusement, nous ne pourrons pas y dormir, ce n’est pourtant pas les trous qui manquent pour y planter la tente !

 

 

Une solution de rechange nous sera apportée par le gérant du seul hôtel ouvert de la ville. Allez savoir s’il  a eu pitie de nous, nous croyant fauches et obliges de camper dehors ou voulait-il aider deux valeureux marcheurs sur la route de la Soie ? Toujours est-il qu’il nous a ouvert la porte d’une de ses confortables chambres pour 2 euros seulement !

 

 

Dans l’hôtel, nous faisons la rencontre de Vicenzo, routard italien, la cinquantaine, bon vivant, qui a trouve dans le voyage son mode de vie idéal. Nous écoutons ses témoignages et portons une attention toute particulière  sur son expérience au Pakistan.

 

 

Mercredi 18 janvier

 

 

Nous entamons vers 7h30 notre marche en direction de Bam, a 60 km environ. Deux jours nous seront normalement necessaires. Nous engageons le pas sur une petite route qui coupe a travers le desert afin d’eviter les grands axes trop frequentes pour marcher. Le peu de voitures que nous croisons s’arretent a notre hauteur et nous saluent.  

 

 

Nous nous plaisons a marcher la matinée dans ce décor grandiose, semblable au grand Ouest américain, avec ses étendues de steppes a l’infini, ses canyons vertigineux et ses hordes de jeunes motards (qui ressemblent a des pirates coiffes de leur écharpes sur la tête). Nous croisons petits villages et pouvons a loisir observer les cases ocres en chaume encore habitées par les paysans travaillant la terre aux alentours.

 

Vers 13h, un vent froid venant de l’Est se lève mais, pares de nos cagoules en laine, ne ralentit que très peu notre progression. La vision de cette “vallée des merveilles” nous propulse. Pas question non plus de reculer face aux paroles des bergers qui nous avertissent du danger de croiser des Baloutches, nomades présents dans la région et soi-disant “armes de kalachnikov”

 

 

Vers 16h, il nous faut trouver un abri pour passer la nuit. Se protéger du froid et ne pas être vus sont nos deux préoccupations. Ramasser deux bidons et faire un feu “a l’iranienne” dedans répond a la première. Loger dans une ancienne bergerie fera l’affaire de la seconde.

 

Pendant 4h nous ramassons du bois, déblayons les lieux, déplions la toile de tente et arrivons enfin a faire prendre le feu.

 

Dehors la nuit est noire et le ciel largement étoile. Nous pouvons aussi entendre les cris de petits renards environnants.

 

Vers 21h, nous nous glissons dans nos duvets, espérant ne pas avoir froid et surtout ne pas devoir déguerpir en pleine nuit sous les ordres de quiconque nous trouverait ici…

 

La marche de 36 km que nous avons faite  aujourd’hui est sans doute la plus belle depuis le début de l’aventure.

 

 

Jeudi 19 janvier

 

 

Personne ne nous a dérange. Néanmoins la nuit a été longue : nous avons en effet été réveilles plusieurs fois a cause du froid. Il est dur ce matin de se lever. La demi-heure qui suit le réveil (pliage du sac de couchage en particulier) est rude. Mais le soleil dehors brille et marcher nous réchauffe bien rapidement.

 

Il fait même chaud aujourd’hui. Il fait peut-être 20 degrés au soleil. Nous purifions l’eau de la rivière avec des pastilles pour ne pas avoir soif.

 

 

Au bout de 10 km, alors que nous voulions rallier a pied la grand route, une voiture de police nous barre le passage.

 

Nous ne pourrons pas aller plus loin. La présence de Baloutches dans le coin rend selon eux notre marche trop dangereuse. A voir les équipements des jeunes militaires de 20 ans qui sont a l’arrière du pick-up, c’est a ce demander qui sont véritablement les Baloutches…

 

C’est donc en 4x4 que nous finirons notre escapade dans le désert, dégustant les cacahuètes offertes et voyant défiler les somptueux paysages trop rapidement sous nos yeux. C’est tout de même frustrant de ne pas pouvoir terminer les 15 km restants quand on en a déjà parcouru 40 sans encombres…

 

 

Au croisement de la grande route, nous sommes pris en stop par un père et son fils. Routier international, transportant des dates de Bam (fameuses) a Malmo (en Suède, si si c’est possible!), transitant par de nombreux pays, ses connaissances en géographie et en langues sont impressionnantes. Nous nous amusons a échanger les quelques mots que nous connaissons en turc, farsi, anglais, russe et français.

 

 

Il nous dépose a l’entrée de Bam. Nous sommes alors plonges dans une atmosphère surprenante, très proche de celle que l’on peut trouver dans le sous-continent indien. La pauvreté est palpable. Des hommes, enfants même, très fonces de peau, très bruns, vendent accroupis dans le caniveau toute sorte de marchandises : pain, cigarettes…

 

.

 

Les travaux suite au terrible tremblement de terre d’il y a 2 ans et deux mois désormais (7,2 sur l’échelle de Richter, 38000 morts) sont visibles : chacun s’affaire a reconstruire sa maison.

 

Nous pique-niquons a l’ombre d’un palmier (la chaleur en été ici doit être effroyable), devant la citadelle. Nous re-croisons par hasard Vicenzo, rencontre il y a deux jours a Rayen (surprise!).

 

Visitons ensemble ce site classe au Patrimoine de l’UNESCO, qui constituait l’un des joyaux de l’Iran. Avant d’être ravagée en seulement 12 secondes par le tremblement de terre. C’est aujourd’hui un “tas de cendres”. Imaginer la scène nous donne des frissons.

 

Dans la soirée, nous repartons en bus de nuit pour Téhéran. Le voisin d’Alexis aux Aubiers, iranien d’origine, nous attend là-bas.

 

La boucle est bouclée. Nous revenons dans la capitale après avoir suivi pendant 20 jours les traces de la route de la Soie, traçant une diagonale du nord-ouest au sud-est de l’Iran.  

 

 

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Publié dans Iran

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L
Coucou, <br /> Ca faisait un moment que je n'avais plus eu le temps de suivre jour apres jour votre avancée et autres peripeties, je viens de rattraper mon retard ce qui m'a valu une nuit blanche... Mais aucun regret, vous etes ouf et resterez mon assoc coup de coeur longtemps...<br /> Continuez dans cet esprit, et nous faire voyager... <br /> Merci... <br /> Aurélie D
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P
Salut les moritos,Ouahhhhhhhh quel dépaysement ! quelle aventure vous vivez ! c'est génial !!!L'Iran vous réussit on dirait .Continuez comme ça, et à bientôt ;-)pierre
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A
Salut les gars,<br /> A angers et ici à Budapest nous portons toujours autant attention a votre petite escapade. Restez courageux comme vous l'êtes, on vous soutient et continuez de nous faire rêver. Une source proche m'aurait dis que Remi a du succès au près des Albanaises, véridique ou pas ?<br />  <br /> A bientôt les amis
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A
Salut les gars,<br /> A angers et ici à Budapest nous portons toujours autant attention a votre petite escapade. Restez courageux comme vous l'êtes, on vous soutient et continuez de nous faire rêver. Une source proche m'aurait dis que Remi a du succès au près des Albanaises, véridique ou pas ?<br />  <br /> A bientôt les amis
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A
Salut les gars,<br /> A angers et ici à Budapest nous portons toujours autant attention a votre petite escapade. Restez courageux comme vous l'êtes, on vous soutient et continuez de nous faire rêver. Une source proche m'aurait dis que Remi a du succès au près des Albanaises, véridique ou pas ?<br />  <br /> A bientôt les amis
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