du 8 au 13 decembre...
Jeudi 8/12
Nous partons ce matin en direction d’Ankara ou nous espérons bien pouvoir obtenir rapidement notre visa iranien après avoir patiente plus d’une semaine pour rien a Istanbul. Nous avons passe la nuit dans le caravansérail de Gerede pour la modeste somme de 3€ pour deux ! A ce prix la, pas question d’envisager une douche ou le chauffage dans la piece mais ne sommes nous pas en train de vivre une belle experience, celle d’occuper, deux siecles apres leur passage, la chambre des marchands nomades ? Nous arrivons a Ankara vers 10h et rejoignions rapidement l’ambassade d’Iran ou les employes, tres aimables, nous invitent a repasser dans l’apres-midi pour recuperer nos visas. Ouf, il semble que l’episode se termine enfin. Au passage, je profite de l’opportunité pour glisser au responsable du service des visas que nous aimerions obtenir un visa de 45 jours pour visiter plus longtemps son « immense et merveilleux pays ». Bien que la flatterie puisse etre consideree comme un vice, il faut parfois en user puisque nous obtenons le precieux sesame avec la prolongation, ce qui est tout simplement exceptionnel et pour ainsi dire generalement impossible. Cela nous evıtera a la foıs de faire la demande a Teheran (ce qui prend souvent qq jours sans assurance de résultat) et des économies puisqu’une prolongation de visa n’est pas gratuite.
Nous passons la soiree et la nuit chez M. Buchwalter, le jeune responsable communication de l’ambassade de France ou nous sommes alle dans la journee qui nous offre un accueil royal « a la turque ».
Vendredi 9/12
Nous quittons rapidement la capitale qui ne fut pour nous qu’un passage oblige. Nous marchions dans le nord du pays, nous voici descendus en son centre. Nous continuons donc vers l’Est en passant par les villes hittites de Hattousas et Alacahoyuk que certains considerent comme la plus vieille ville du monde (3000 av J.C.). Nous y sommes misafir, c’est-a-dire « hotes ». Le village ne possedant pas d’hotels, nous nous voyons dans l’obligation de faire le tour des maisons pour demander l’hospitalite. Pour M. et Mme. Turc (ca ne s’invente pas) cela ne pose pas de probleme et nous voici rapidement attables dans la seule piece chauffee de la maison. Dans les villages recules de la Turquie, le pain est fait maison, tout comme les produits laitiers et, etonnant, le ketchup.
Samedi 10/12
Il y’a des jours ou, partant le ventre plein et marchant sur une belle route, nous avalons les kilomètres sans peiner. En 4 heures ce matin, nous avons parcouru 25 km sans marquer une seule pause ! Nous achevons la marche dans l’apres-midi, en levant legerement le pied. Nous arrivons a la nuit tombante a Hattousas, apres 39 km de marche. Le village est tres touristique l’ete mais l’hiver, la majorıte des hotels est fermee. Peu ımporte, nous dormirons sous la tente. Avec nos duvets Lestra nous ne craıgnions pas la temperature fraıche de la nuit a 1500m d’altitude. Mais les gros bonnets sont la, ceux qui, sans pitie, voient dans le touriste une rentree d’argent facile. On nous propose de dormir sur la pelouse d’un hotel pour 20 000 000 TL, soit plus de 13€, sans acces a l’eau ni a l’electricite. On nous prend vraiment pour des cons ! Et puis quoi encore, le terrain vague de ton oncle pour 3€ ? Dans le mille ! Les gens ici sont prets a faire n’importe quoi pour gagner quelques sous. Quand on connaît la gentilesse naturelle des turcs on se dit que vraiment le tourisme « pourrit » les gens. Nous finissons par camper dans un camping ferme en hiver ou personne ne nous importunera, pas meme le gerant qui au petit matin nous offre le the. Comme quoi il reste des gens genereux.
Dimanche 11/12
Nous visitons les sites hittites en compagnie de Faruk, qui, comme tous les habitants du village, se prétend archeologue et propose ses services pour la decouverte des 7 km2 du site. Il tente au passage de nous vendre ses pierres « scultees en famille et a la main avec un couteau de cuisine ». Bien sur, pourquoi pas…
Nous partons ensuite en voiture en direction de Yozgat ou le bus journalier pour la Cappadoce part a 13h. Nous y suivrons la route des caravansérails, nombreux dans la region.
Lundi 12/12
Nous occupons depuis hier soir une petite pension a Goreme, en plein cœur de la Cappadoce. Nous partageons la chambre avec Adrien, un jeune suisse de 18 ans en route depuis 4 mois et qui avance lui aussi vers l’Est, puisqu’il veut rallier le Japon en 12 mois. Peu habitue des reveils matinaux, il se joint a nous pour une randonnée qui commence des 7h30. Avec des couchers de soleil des 17h, les journees sont bien courtes si on les commence tard. Nous rejoignions la vallee rose ou, comme des gamins, nous explorons chaque recoin des falaises de tuf qui ressemblent a de grands malabars bigout. Comment decrire aussi la beaute des cheminees de fees et des stalagmites, magnifiques formations geologiques nees des eruptions volcaniques puis de l’erosion des roches ? Certains villages de la région, comme Zelve, étaient encore habites il y a moins de 50 ans. Dans les troglodytes se trouvent de magnifiques eglises rupestres dont certaines ont plus de 1000 ans et presentent des fresques magnifiquement conservees. On peut aussi trouver de grands pigeonniers qui faisaient la fortune des familles au XIX eme siecle, quand la fiente de pigeons etaiet utilisee comme le meilleur des engrais.
Nous finissons la journee autour d’un the chez Ercan a Mustafapasa. İl nous donne de precieuses informations sur la region et les randonnees a faire, repoussant par la meme occasion notre depart d’une journee. Comment pourrions-nous nous refuser la decouverte de l’une des plus belles regions du monde ? Comment pourrions-nous survoler tant de beaute pour ne pas prendre de retard ? Ne sommes-nous pas non plus partis pour « prendre le temps ? »
Mardi 13/12
Comme la veille nous partons tot ce matin et on ne peut pas dire que le temps en Cappadoce nous aide a nous tirer du lit. Il doit faire moins de 0 a 7h mais esperons-le, le temps se levera avec le jour. En coupant a travers champs, nous rejoignions rapidement la citadelle de Ortahisar. Au sommet du batıment, la vue sur la region est superbe et nous apercevons le « chemin de tracteur » ou commence la randonnee. En l’empruntant nous croisons une église du XIII e sıecle presque invisible dans la roche. Nous penetrons ensuite dans une vallee de pigeonniers, magnifique. La lueur du soleil qui s’est leve faıt apparaître dans la roche des petits carres. Ce sont les fenetres des pigeonniers, désertes aujourd’hui. Nous y passons l’apres-midi escaladant les parois et les tunnels verticaux pour mieux comprendre l’organisation et le travail des hommes qui collectaient la fiente. Les plus grands pigeonniers font jusqu'à 7 ou 8 étages et abritaient des centaines de milliers de volatiles.