Acropole Mt Olympe Thessaloniki
Lundi 7 /
Mardi 8 novembre
Nous avons tant apprécié le cadre de la soiree de la veille que nous y plantons la tente le lendemain. La vue sur l’Acropole vaut bien un 3 etoiles !
Nos collocs du moment (Theo le francais, David le belge, Denis le lituanien, Carlos l’espagnol, Philip, Oliver et Nico les allemands) n’y voient pas d’inconvenient.
Nous passons en leur compagnie deux soirees tres conviviales.
Mercredi 9 novembre
Nous quittons les lieux a 7h45, assez tot pour prendre un train qui nous emmene a Rapsani et marcher quelques kilometres entre le Mont Olympe et la mer Egée. Sur le bord de la route, nous ne pouvons pas nous empecher de chipper raisins, kiwis et mures. Nous ramassons aussi des noix sur le sol. Nous progressons a un rythme tranquille pour ne pas brusquer le pied droit de Remi, toujours souffrant. La nuit tombe de plus en plus tot et nous decidons de camper sur la plage...
Alors qu’Alexis monte la tente, Remi va acheter du pain, notre denree favorite. Il s’agit d’un petit village et on ne compte guere plus de 50 habitants en cette periode de l’annee. Les deux missions accomplies, nous cherchons du bois pour allumer un feu. Personne ici ne nous derangera...
Le feu nous rechauffe et nous occupe pour la fin de notre soiree. Ce soir nous ne serons pas couchés à 20h comme des poules!
Jeudi 10 novembre
Nous levons le camp a 9h. Nous poursuivons notre route dans la plaine grecque. Nous sommes jeudi, attendus samedi a Thessaloniki. Nous pouvons donc marcher tranquillement aujourd’hui. La meteo est encore tres clemente, dès 10h nous sommes en T-Shirt !
Nous faisons halte pour déjeuner au chateau de Platamonas, où nous surplombons tout le Golfe de Thessaloniki. C’est magnifique ! La côte qui précédait le château valait le coup d’être franchie, même si nous avons souffert pendant 2 kms, le nez au raz du bitume.
Nous marchons l’apres-midi une quinzaine de bornes, agacés par les nombreux chiens de garde qui aboient sans cesse à notre passage. Au soleil couchant, nous établissons notre campement derrière un terrain de basket abandonné, le long de la voie ferree. Allongés dans l herbe, nous nous offrons un menu royal : pommes de terre en robe des champs et saucisses grillées sur un barbecue improvisé avec les sardines de la tente.
Vendredi 11 novembre
Qui a dit que le 11 novembre était un jour férié. Sans doute aujourd’hui apecevrons-nous clairement le Mont Olympe, point culminant de Grece (2915m), en marchant 30 km nous pourrons relier Dion, site archeologique renommé. Nous plions la tente et avalons rapidement quelques tartines de Nutella qui constituent depuis quelques jours notre petit dej’.
Dans le ciel, des oies migrent en V vers le sud. Signe que l’hiver approche !
A mi-course, nous nous regalons de succulentes pommes rammassées par terre le long de la nationale. Nous arrivons a Dion, cite antique de Dionysos, Demeter et Isis.
Le Mont Olympe est la, sous nos yeux ou plutôt au-dessus. Nous voulions bien tenter l’ ascension mais un guide est obligatoire...
Ce soir, il est plus difficile de trouver un lieu convenable pour faire du camping sauvage. La plaine n’offre pas de « planques ». Tant pis, nous nous installons entre deux remises, au bord d’un champ. Finalement, personne ne nous verra ainsi. Nous préparons le feu habituel, meme si les conditions sont plus difficiles. Nous sentons un vent du nord se lever. Est-ce bientôt la fin de la marche en T-Shirt ?
Samedi 12 novembre
La nuit fut difficile. Le terrain pas tres confortable. Sommeil en pointillé. Mais il s’agit aujourd’hui d’une petite etape jusqu’a Katerini, ou nous prendrons un train pour Thessaloniki. Giorgio, un ami du frere d’Alexis nous y attend. Nous profitons des toilettes de la gare et du train pour operer une rapide toilette. Nous tenons a etre un minimum présentables !
Nous le retrouvons a 16h. Ce veterinaire de 26 ans nous acueille tres gentillement dans son appartement du centre de Thessaloniki.
C’est une ville tres chique, au bord de la mer. « mais pas si touristique qu’elle n’y parait » nous confie en anglais Giorgio. Des ruines de l’epoque d’Alexandre Le Grand subsistent en pleine rue. C’est tres joli.
Le soir, nous sommes convies par Giorgio à ce qu’on pourrait appeler une « grosse bouffe », dans un restaurant anime de la ville. Les plats, typiquement grecs (statsiki, souvlaki, feta...), sont disposes au centre de la table. On partage tout, c’est la tradition ici. Ce sera verifié plus tard dans la soiree, après une petite balade le long du port, quand nous retrouvons des amis de Giorgio qui fetent l’anniversaire de l’une d’entre eux . Nous aurons diné deux fois ce soir...
Dimanche 13 novembre
Nous prenons le petit dejeuner dans un café qui offre une belle vue sur la baie , malgré un temps brumeux. Les grecs n’ont pas pour habitude de prendre un petit déjeuner ; il se contente d’un cafe frappé (café et sucre battus puis eau glacée). Les rues sont calmes. Nous déjeunons ensuite dans un des nombreux fast-food que comptent Thessaloniki. Attention, pas un fast-food américain, non un vrai local où l’on sert des giros-pita. Tous les menus sont en grec. Nous ne comprenons rien.
Nous passons le reste de la journée a préparer la suite du periple, notamment notre entrée en Turquie, prévue autour du 15 novembre.
Lundi 14 novembre
Nous débutons notre journée par la visite du marche de Thessaloniki. Les halles qui l’abritent sont typiques des marchés d’antan. Les rechauds, exposes entre cigarettes, conserves, fruits et vetements lui donnent egalement un air de bazar, que nous esperons trouver plus tard en Turquie. Remi passe ensuite 1h30 à la banque, tentant d’echanger des travellers sans etre commissioné. A croire que l’argent nous posera des problemes tout au long de notre route...
Nous preparons un bon diner avec Giorgio, notre puisque nous avons decidé de partir le lendemain pour Ferres, derniere ville grecque avant la Turquie. Au menu statsiki, radis, cotes de porc, patisseries locales (a base de noix, baignant dans le sirop de sucre, c’est excellent). De quoi prendre des forces pour le lendemain.
Mardi 15 novembre
Nous quittons l’appartement de Giorgio de bonne heure. Il ne faut pas rater le train de 7h53 qui nous emmene a Ferres. Enfin plutot a Alexandroupolis, son terminus pour problemes techniques inexpliqués. Nous rattrapons un bus qui opere la liaison. Les controleurs ne se souciant pas de notre destination, nous en profitons pour nous rapprocher encore de la frontiere. Nous descendons a Soufli, capitale de la Soie en Grece. Nous voulons y visiter le musee qui explique tout le processus de fabrication de ce textile decouvert par les chinois il y a 4000 ans. Il n’est ferme qu’un jour par semaine...le mardi. C’est bien notre veine. Nous ne pouvons pas passer a cote de cette mine d’information pour la suite de notre voyage. Il faut trouver un endroit pour dormir et le visiter demain. Oui, mais ou ? Nous demandons l’hospitalite aux gens. Ils ne nous comprennent pas. Alexis va voir les policiers, seuls eux parlent anglais. Ils lui repondent que nous pouvons camper dans les champs, en dehors de la ville. D’accord mais c’est loin et la nuit tombe. Pas l’envie de retraverser le village. L’eglise est fermee. Une maison abandonnee, avec l’accord des voisins, fera tres bien l’affaire. Nous y serons a l’abri du froid et du vent. Nous allumons deux bougies et il regne dans la piece a demi eclairée une atmosphere tres spirituelle.
A 21h30, nous nous endormons. A 22h, notre (profond) sommeil est perturbe par l’intrusion de 3 hommes, munis de puissantes Maglite. « Police, passports ! ». C’est pas vrai, des villageois les ont appeles. De peur d’avoir affaire a des voyous ? Encore a moitie endormis nous pestons, gemissons sous les ordres des policiers : « Hurry up ! Pick up your clothes ! ». Nous finissons par ceder, impuissants face a leur obstination. En moins de 10 minutes, nous nous retrouvons pour notre premiere fois dans une estafette. Au commissariat, 7 policiers nous entourent. Tous cigarette au bec.
« We are french. Students. No money to sleep in hostels. Please ! “ Peu à peu, ils comprennent notre desarroi. Nous dormirons finalement dans la gare, puisque le chef refuse que nous passions la nuit dans une cellule. La prison ça se mérite. Cet episode aura dure tout de meme 45 bonnes minutes...
Mercredi 16 novembre
Leves a 8h45, nous faisons une rapide toilette avant de nous rendre au musee. S’eut ete dommage de le louper. Nous visitons dans la foulee l’une des deux fabriques encore en activite a Soufli.
Nous reprenons la route vers 14h. En chemin, nous croisons le chauffeur qui nous a conduit en bus la veille. A nous voir repartir a pied dans l’autre sens doit il doit nous prendre pour des cinglés ! Nous sommes aussi amuses de recevoir un SMS d’Aurelie, qui nous a herberges à Athènes. Elle vient de nous voir sur le bord de la route alors qu’elle se rendait a Istanbul en bus.
Nous atteignons Peplos en debut de soiree apres 28 km de marche ; Dans ce village, un restaurateur nous indique un parc pour camper. Apres l’experience de la veille, nous ne sommes pas prets a etre une nouvelle fois reveilles par la police. Nous cherchons a etablir un campement plus sur chez des habitants. Mais ne pouvant pas non plus imposer notre presence dans leur jardin, nous montons finalement la tente au fond du parc.