Du 3 au 24 mai, par Alex
La fatigue se fait sentir
Nous voila donc a Sost, dans cette ville frontiere sans charme aux allures de
Le lendemain, nous connaissons tous les deux une journee difficile : Remi a mal au talon, moi au dos. A 10h30, nous sommes invites pour le the par une femme ismaelienne, souriante et anglophone. C’est la premiere fois depuis bien longtemps qu’une femme prenne personnellement cette decision. Comme beaucoup ici, sur deux longues tresses, elle porte une coiffe coloree d’origine tadjike sur laquelle repose 1 foulard retombant sur les epaules. Requinques, nous reprennons la
Il fait une chaleur de plomb sur le bitume et je suis pris d’etourdissements… Non ca ne va pas, depuis hier rien ne
Nous avons les pieds en feu et des petites mines, nous nous reposons donc le lendemainavec une petite
Lund 8 mai, pique-nique en altitude et nuit sous un pont
Apres le petit dejeuner, nous partons leger vers la
Du repos, surtout du repos
Nous atteignons Karimabad après 9 jours au et de la pluis pour rafraichir l’atmosphere hier soir. La vallee est l’une des trois vallees de la longevite (les autres sont en Chine et en Equateur) et nous observons aisement la vitalite des gens. Peut-etre est-ce du a la nature qui offrr a cette vallee des milliers d’arbres fruitiers?
Uses, sales, amaigris, nous prenons une chambre double pour une bonne douche. Nous ne pourrions pas debarquer dans un dortoir, par respect pour les autres! Les hotels ici sont vraiment bon
Il nous faut absolument du repos, du repos. Ne rien faire, cela nous est-il deja arrive depuis 8 mois de voyage? Il semble que nous soyons tombes dans l’endroit ideal pour nous refaire. 13kg en moins pour Remi, 4 pour moi, il y a du boulot (mais aussi de la soupe aux abricots). Nous avons quitte la route de la Soie pour la route des babas-cool, nostalgiques des annees hippies. Certains comme Michel et Maryline, des iserois qui voyagent depuis 30 ans sont la depuis un mois. Michel est une encyclopedie vivante, il connait l’Inde comme sa poche. Il nous raconte les pelerinages qu’ils ont accompagnes, les changements de la societe, la grande époque
Nous pourrions profiter de ces trois jours de repos pour actualiser le site mais il faut croire que la beaute et la puissance du paysage dominent encore la technologie. Internet est donc horriblement lent et seule la famille aura droit a des nouvelles.
Finalement nous
La montagne c’est beau mais c’est aussi tres difficile
Nous arrivons a Gilgit le 14/05. Nous venons de passer la barre des 4000 kilometres et pour la premiere fois depuis 20 jours, nous descendons sous les 2000 metre d’altitude. La ville est bien triste, avec ses grandes rues sales, ses marchands d’armes (on parle de 18 millions d’armes non declarees!) et son terrain de polo vide. Nous ne
Nous rejoignions la region de Chitral, au Nord-Ouest du pays, dans la chaine de montagne de l’Hindukush. Le bus est plein a craque, une joyeuse bande de porteurs et de guides qui vont sans doute encadrer un trek. En ce qui nous concerne, nous avons programme une randonnee de 2 jours avec passage d’un col a 4300 m, le Chumarkhan’An. Nous passons la premiere nuit dans une famille d’ismaeliens. Le lendemain, nous attaquons l’ascension des 7h du matin avec au passage quelques mises en garde “n’y allez pas, il y’a plus d’un metre de neige, pas avant juin” qui contrastent avec l’enthousiasme des habitants hier soir. Nous verrons bien… et nous avons vu! Affreuse journee, en effet il y’a de la neige, et des ruisseaux egalement, et des rochers glissants, et un ciel menacant. Nous n’esperons plus rien, a bout de forces, trempes, lessives, enerves… Il faut a tout prix que nous franchissions le col avant la nuit, sinon c’est la mort assuree, a cette altitude, la nuit dehors est inimaginable. Alors nous nous arrachons, serrons les dents, traversons tete baissee des portions ou plus d’un metre de neige s’est accumulee. Vers 18h, nous sommes sauves, nous sommes dans le versant descendant et ramassons du bois pour un feu au bord de la riviere. Le sol n’est pas bien plat mais aucune importance, le sommeil vient vite. Nous repartons le lendemain et rejoignions une nouvelle vallee qui conduit a Chitral. Voyant nos tristes mines, les premiers villageois nous invitent pour un the, puis un repas et puis la nuit. Tout le monde se connait ici et l’activite de l’apres-midi consiste a visiter toutes les maisons pour rencontrer le proprietaire, toujours presente comme le neveu du frere du cousin qu’on vient de voir chez Mohammed!
Le 18/05, nous arrivons a Chitral ou nous nous rendons directement au commissariat pour la registration obligatoire. Nous sommes a proximite de l’Afghanistan et la police tient a rassurer les visiteurs “have a good sleep, police is awake” (dormez bien, la police veille), peut on lire a l’entrée de la ville. Nous ne
La police mene l’enquete
Le lendemain nous sommes rapidemet rejoints sur le trek par deux francais et leur guide. Vincent et Stephane travaillent dans des ONG a Manserha, la ou le Pakistan a connu l’horreur d’un seisme devastateur laissant derriere lui plus de 80000 morts. Avec nos sacs de 15 kg, nous ne pouvons suivre le rythme de marcheurs sans bagages, aussi ils marquent regulierement des pauses pour nous attendre et discuter. Nos chemins se separent a mi-parcours. Une Jeep les attend pour rentrer a l’hotel, nous continuons a pied vers Chitral. Taj, le guide kalash nous indique le chemin a suivre, nous assurant qu’il est simple. Nous devons passer le col de Kundyak An a 2850m avant de redescendre dans la vallee. Dans le col, nous perdons les chemins de bergers et l’ascension devient vraiment difficile. Nous sommes dans une epaisse foret de coniferes et la pente est impressionnante. Il faut s’imaginer un versant de montagne, pas un col ou circulent des voitures. J’atteinds le sommet avant Remi et m’asseoids, fatigue. 10 minutes et 3 biscuits passent, Remi n’est toujours pas la. Il est 15h45, je l’appelle, pas de reponse. Je m’inquiete tres rapidement, ou peut-il etre, je suis au sommet du col, je n’ai pas bouge et il n’est pas passé. Il se serait d’ailleurs forcement arrête pour recuperer. Je redescends le col, cherche ses traces, m’imagine desormais le pire : crise cardiaque, rupture d’anevrisme, braquage en plein col, enlevement, piqure de serpent… Pendant une heure je parcours le col de long en large, crie, hurle, cogite. Il est 17h, je dois redescendre, s’il le faut je remonterai des l’aube mais il est sans soute en danger, je dois prevenir la police et lancer des recherches. Je redescends en trombe,
Le minibus qui prend la route pour
Attente du visa indien a
Nous sommes en ce moment au camping d’Islamabad, un petit coin de verdure au coeur d’une ville moderne, aux grandes avenues proprettes bordees de beaux magasins dans lesquels se jettent les riches familles a la nuit tombee. Les gens menent ici une vie nocturne car la chaleur est lourde, l’air humide. Nous attendons notre visa indien, delivre mardi prochain si tout va bien. Et puis des jeudi nous passerons en Inde.
Du dimanche 23 au mardi 2 mai : en
Trop degoutes d’etre revenus a la case-depart, nous ne revisiterons pas le bazar du dimanche. Filons en bus pour sortir des faubourgs de Kashgar. Enfin sur lka KKH !
Le temps est chaud pour marcher. Les longues lignes droites pre-desertiques ne nous procurent aucun brin d’ombre pour nous arbiter du soleil. Fatigues des efforts du mois qui s’acheve, nous ne resistons pas a l’invitation lancee par le trio de freres (Islamjon, Hassanjon et Tahir), qui, comme beaucoup de chinois, nous regardent passer assis sur leurs talons.
Ce jour-la, nous jouons a “
Ce “temps-mort” nous est profitable. Nous repartons de plus belle, direction Opal, premier village après Kashgar sur la KKH. Le bazaar y est beau et riche. Ne savant pas trop ce que nous trouverons plus tard, nous en profitons pour faire quelques provisions : oeufs, pain, radis, crème fraiche, riz patates. Nos repas ne sont pas tres varies mais ont l’avantage d’etre rapides a cuisine (obliges de faire un feu pour manger chaud, pas toujours faisable…) et consistants. Petit detour par le joli mausolee de Mohammed Kashgari, premier homme avoir imagine un dictionnaire des langues turcophones.
Les nuits douces nous permettent a nouveau de camper. C’est grandement appreciable et ca devient une habitude après nos 40 km de
Au fil des kilometres, le paysage change. Les arbres disparaissent et laissent place aux canyons desertiques. Puis viennent les dunes de sables ou nous marchons en compagnie des chameaux. Terrain plus escarpe ensuite (certains pics atteignent 5000 ou 6000 m autour de nous), il devient plus difficile de planter la tente. Si squatter une vieille maison abandonee est un probleme, nous pouvons compter sur l’exceptionnelle hospitalite des peuplants les hauts plateaux de la KKH.
C’est ainsi que nous progressons en amont vers le lac de Karakul. Perches a 3700 m d’altitude, nous y trouvons un spot de reve (mais certes un peu froid) en face du Muztagh Ata (7 546m) pour camper. Nous lui preferons aux yourtes de beton construites a la va-vite par les chinois autour du lac pour attirer les touristes.
Muztagh Ata dont nous visitons le base camp, a 4550m d’altitude. Marrant de ne se retrouver qu’a 250m du plus haut
Marcher sur la KKH nous reserve quelques surprises. Si marcher vers le (notre objectif) est simple, il arrive parfois de se poser quelques questions : ou trouver de l’eau et savoir ou dormir. Pour se restaurer, nous pouvons compter sur les tres sympathiques chinois vivants dans les camps d’ouvriers qui bordent la route. Ils remplissent nos gourdes de the sans hesiter, nous fournissent du pain egalement.
Pour ce qui est de dormir, il faut parfois savoir improviser. Les villages sont rares et se faire heberger n’est pas toujours possible. Tout comme planter la tente dans des canyons abruptes. Certains soirs nous reservent des surprises, comme la fois ou nous avons du hisser la tente sous un pont sur 5m2 pour nous arbiter du vent ou le jour ou nous avons affronter la mefiance des Tadjiks a notre egard dans un petit village frontalier (sans doute n’avaient-ils jamais croise d’etrangers ? Ou n’avaient-ils pas le droit de nous heberger chez eux, bizarre…? )
Les 100 derniers kilometres pour Tashkorgan (ou nous prendrons le bus pour nous rendre au ) sont durs. Les pieds souffrent sur une piste caillouteuse et non-asphaltee. Le dos tire suite aux positions inconfortables prises pendant la nuit. A un chargement lourd aussi (vivement les beaux jours qu’on puisse se decharger des affaires encombrantes d’hiver!).
L’arrivee est tres appreciee. L’acceuil, lui, reste a desirer ! Cette ville qu’on nous avait dit peuplee de tadjiks est en fait tres chinoise. Deux axes principaux, un bazaar de pacotilles entre les deux. Rien de bien palpitant. Cette ville respire l’ennui.
Nous avons affaire a l’hotel a des chinois malhonnetes, ne causant pas un mot d’anglais, evidemment. L’acces a Internet est bloque aux etrangers. Nous ne pourrons donc pas donner de nouvelles, alors que les dernieres datent deja…du 15 avril. De quoi nous degouter des chinois !
Et puis cette inconnue : nous sommes bientot le 1er mai et ne pouvons pas savoir si la frontiere est ouverte ou non. Personne pour nous renseigner. Une seule chose a faire : attendre le premier bus pakistanais.
Lundi 1er mai
Jour “officiel” d’ouverture de la frontiere. Un brin d’excitation aux douanes chinoises. Le vernis vient tout juste d’etre pose, les bureaux disposes. Fermee 6 mois de l’annee a cause de la neige (Khunjerab Pass, 4733m), les officiers n’auraient pas le temps de le faire avant, non ?
On nous a demande de nous pointer le lendemain a 8h pour prendre le bus. Soit. A l’hotel et dans la ville, toujours autant d’incesion.
22h : des touristes venant du sont arrives en bus. Ouf…sauves! Nous quittons cette ville demain !
Mardi 2 mai
8h. Comme nous le pensions, il faut prendre son mal en patience avant de decoller. Le bus est un car chinois, tout neuf, contenant 20 personnes max. Or beaucoup de gens charges attendent, comme nous. Esperons qu’il y aura assez de place !
10h. C’est parti ! 5h d’ascension sont necessaires pour atteindre le col de Khunjerab. Nous sommes etonnes de voir des gens vivre a cette altitude (plus de 4000m). Comment pouvons vivre dans ces conditions ? Meme les chameaux sont couverts pour ne pas attraper froid !
Passe le col, le bus se fraye un chemin dans les falaises noires et abruptes (“
Le passage de frontiere n’est qu’une simple formalite. Juste repondre aux questions des tres souriants gardes pakistanais. Nous ne serons meme pas fouilles a notre arrive a Sost, premier village pakistanais.
Nous voila donc en . Depuis le temps qu’on en parlait ! Nous decouvrons les hotels-restaurants un peu negliges, des shops tenus par des hommes souriants, ouverts et toujours prets a discuter, et puis cette tenue si particuliere : le shalwar kameez, combinaison legere dont la chemise descend jusqu’en dessous le genou.
Nous retrouvons aussi une vieille connaissance : Adrien, croise en Turquie il y a 6 mois auparavant. Marrant.
Le voyage aujourd’hui nous a fatigue. Aucune folie ce soir. Plutot nous reposer et rever d’un tres bon sejour au .
Notre programme sur la route : du 21 mars au 10 avril 2006
Villes traversées : Gilgit-Islamabad-Lahore
Nombre de km à parcourir : 1110
Moyen(s) de transport utilisé(s) : marche, bus

