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Lundi 26 décembre 2005

Samedi 17 decembre

 

Le train arrive enfin. Nous nous posons en premiere, le controleur n'y voit pas d'inconvenients. Nous descendons en pleine nuit, il est 3h50 du matin et nous sommes les euls sur le quai. Nous sommes dans le village de Satisla ou le dernier touriste a etre passe ne doit plus etre tout jeune. Nous finissons la nuit sur les bancs de la salle d'attente, en compagnie d'un habitue des lieux qui prend soin de planquer une de ses chaussures trouees dans un coin. Au reveil nous filons dans le centre de la petite ville pour localiser le caravanserail de Gerik Han pour lequel nous nous sommes arretes. Personne ne peut nous renseigner et pendant plus d'une heure, de boutique en boutique on nous promene. La Carte indique un caravanserail a l'endroit meme ou nous sommes mais personne n'est foutu de nous y conduire. On nous renvoie a Kayseri d'ou nous venons, en Cappadoce… A part le foot et Ataturk…

Nous repartons sans avoir pu voir le monument. Il en reste deux sur la route qui mene a Sivas, nous en verrons quand meme. Et bien non! Personne dans cette region ne connait les caravanserails indiques par la carte, c'est vraiment a tourner fou! La seule satisfaction de la journee est d'avoir pu enfin approcher, et de pres, les terribles kangals, ces chiens de bergers dont on nous avait tant parle. Kdim Alici, eleveur sur le bord de la route est fier de nous presenter sa vingtaine de chiens. Ils sont effrayants, malgre leur couleur blanche et leur belle queue touffue, ce sont de veritables molosses qui pourraient sans probleme tuer un homme. A 3 mois ils pesent deja plus de 35 kg et les plus gros atteignent 80 kg a l'age adulte!

Nous rejoignions Sivas a bord d'un bus 5 etoiles qu'un sympathique policier a arrete pour nous. Nous mettons nos bagages en consigne pour quelques heures, le temps de visiter la superbe ville et ses monuments sedjoukides. Nous sommes en plein centre de la Turquie et la fontiere iranienne que nous voulions franchir vers le 20/12 est encore a plus de 900 km. Cette nuit nous faisons une grande liaison de 550 km en direction de Diyarbakir. Nous sommes les seuls dans notre compartiment et nous profitons des 12h de trajet pour recharger les batteries.

Dimanche 18 decembre

Les paysages ont change. Le relief est plus eleve et le paysage moins vert. La ville aussi est surprenante. Nous sommes desormais au Kurdistan, un large territoire qui s'etend sur 4 pays (Iran, Iraq, Turquie et Syrie). A peine installe dans le petit Murat Hotel, nous sommes mis au gout du jour par le proprietaire : ''moi je ne suis pas turc, je suis kurde!''. Dans la rue nous rencontrons Ibrahim qui lui aussi se revendique kurde. Il a d'ailleurs ete bastonne en Iraq, quand il effectua son service militaire avec pour mission de maintenir l'ordre parmi les kurdes iraquiens, ses ''freres de sang''. S'affirmant partisan du PKK, les autres militaires turcs le considererent vite comme un traitre pour la nation. Mais il n'est pas le seul dans son cas et ne veut pas s'etaler sur le sujet. Ici, les murs ont des oreilles!

Avec lui nous visitons les eglises armeniennes de la ville ainsi que la grande mosquee, la plus vieille du pays, mais surtout le caravanserail du XVI eme siecle, magnifiquement restaure. Il pouvait acceuillir jadis plus de 800 chameaux. La ballade nous conduit dans de pauvres quartiers qui jouxtent le centre-ville. La, les gamins jouent aux billes et au football dans les ruelles au centre desquelles coulent l'eau jaunatre des toilettes. Selon Ibrahim, la ville est dangereuse. Difficile a croire en voyant les gamins tout sourire, un peu moins en voyant les mines patibulaires de certains hommes.

Nous dejeunons dans une gargotte turque ou pour trois fois rien nous nous ''explosons le bide''. La nourriture kurde se compose de brochettes et de boulettes de viande. On se fait soi-meme les sandwichs avec les galettes de pain, largement distribuees. Nous finissons la journee dans un cyber ou nous passons 5 heures.

Lundi 19 decembre

Ce matin nous partons en direction de Tatvan, 200 kilometres vers l'Est. Dans la gare routiere, nous sommes assieges par les gamins cireurs de chaussures.

La route est magnifique et traverse des paysages de moyenne montagne ou il n'a pas encore neige, ce qui est surprenant a cette epoque. Remi commence a s'inquieter : ce matin il est alle deux fois consecutivement aux toilettes et il remet ca pendant la pause du bus. A Tatvan, un gamin nous chipe la gourde alors que nous dechargions nos sacs des soutes. Ce n'est qu'une gourde heureusement mais c'est surtout un bon avertissement pour plus tard. Nous prenons la direction de Alhat ou nous dormirons ce soir afin de commencer de bonne heure une marche le long du lac de Van. L'hotel-restaurant routier est bon marche mais il n'a ni douche ni eau chaude, encore moins de chauffage. Nous evitons la viande du restaurant, elle est stockee sur le carrelage dans des sacs plastiques a l'etage, pres du fioul. Les legumes subissent le meme traitement mais nous optons pour une soupe. Elle sera fatale a Remi qui passe une tres mauvaise nuit.

Mardi 20 decembre

Nous partons a 7h. Apres 5 km, Remi marque une premiere pause. Il remet ca une heure plus tard. A la pause casse-croute de 10h, il doit de nouveau se precipiter dans un fosse pour se soulager. Vers 11h, nous stoppons notre route a cote de deux bus de tourisme iranien. Les femmes s'affairent a la cuisine et preparent a manger pour 60 personnes. Les bus transports dans leurs soutes d'enormes faitouts et des plaques de gaz imposantes. On nous invite a patienter un peu pour du riz et un chorbe salzi, sorte de ragout aux lentilles et aux haricots dont Remi se passe volontiers. Je m'en regale! Nous reprenons la route mais Remi est vraiment epuise et nous acceptons a present de monter dans les voitures des automobilistes qui s'arretent sur le bord de la route. Entre deux voitures nous avancons de quelques kilometres le long du magnifique lac. Imaginez un immense lac de montagne a 1600m d'altitude, borde de sommets depassant les 2500 metres. Nous parvenons a Ercis, une ville ou vit une communaute d'afgans reconnaissables a leur peau plus mate et a leurs traits plus prononces. Remi n'en peut plus, il a tout donne aujourd'hui et n'a pratiquement rien avale. Comme hier nous esperons trouver un hotel en sortie de ville mais il n'y a rien ici. Nous poussons jusqu'a Muradiye, 40 km plus loin, sur la route de Dogubayazit, derniere ville avant l'Iran. La non plus il n'y a pas d'hotel et nous passons la nuit chez trois jeunes professeurs qui partagent un grand appartement. Une derniere fois en Turquie, nous recevons un accueil riche et sincere.

Mercredi 21 decembre

Nous quittons nos hotes et prenons la direction de Dogubayazit. Apres 7 km, nous sommes a Selalesi, des chutes d'eau que les turcs apprecient pendant les pique-nique estivaux. Dogubayazit est encore a 80 km et nous ne les couvrirons pas a pied dans la journee. Nous sommes deja en retard de deux jours par rapport a notre calendrier initial et ce matin encore, malgre l'homeopathie et les medicaments avales, Remi ne peut continuer. Nous n'avons plus qu'a faire du stop. Une automobiliste nous avance de 15 kilometres puis nous finissons le trajet dans le camion de Naif, un routier vraiment sympathique. Avec lui nous franchissons plusieurs cols dont l'un culmine a 2644 metres. Le chauffeur ne depasse pas les 30 km/h sur cette route si piegeuse. Le décor est fascinant et nous apercevons au loin l'imposant Mont Ararat et ses 5137 metres.

A Dogubayazit nous prenons une chambre dans le presque luxueux Ushak Pasa Hotel. Il porte le nom de la principale attraction de la ville, une superbe forteresse nichee sur la montagne a 7km du centre. Aucun transport collectif n'y mene et le taxi coute la bagatelle de 16 euros. Nous decidons donc une fois de plus de recourir au stop alors que la nuit commence a tomber. On nous depose a 3 km du site et nous finissons la montee a pied. L'acces a la cour centrale de l'edifice est ferme et nous nous contentons de voir le monument de l'exterieur. Nous pourrions revenir demain mais nous voulons franchir la frontiere iranienne a pied apres 35 km puis rejoindre le premier village iranien, Bazargan, apres une marche totale de 38 km. Il faut donc que nous partions des 6 h.

Nous redescendons vers la ville quand nous apercevons une Mercedes stationnee sur le bas-cote. Un homme est en train de se reculotter pendant qu'une jeune femme remonte cote passager. Naïvement, nous lui demandons s'il peut nous redescendre. Il refuse dans un premier temps puis voyant que nous sommes touristes, nous invite a monter. Je suis derriere l'homme et je n'ai pas la meme vision que Remi qui a le temps de le voir ranger un pistolet dans sa veste. La jeune femme semble terrorisee, sans doute une prostituee. L'homme claque toutes les portes une a une et nous demande notre hotel. Je lui donne le nom, je ne me doute de rien. Remi lui aurait sans doute prefere que je me taise. Et puis finalement, sans rien nous demander, il nous depose a l'entrée de la ville et repart. Remi peut souffler…

Jeudi 22 decembre

Le service de l'hotel laisse a desirer. Hier, le papier toilette et l'ampoule neuve sont arrives apres une heure et trois rappels. Ce matin, le petit dejeuner n'est pas pret. Ce ne sont pourtant pas les employes qui manquent, ils devaient etre une dizaine hier soir. Comme dit Remi, ''ils sont payes en verres de the!''. Nous partons donc en retard, a 7h30.

Remi marche mieux ce matin et nous enchainons les 15 premiers kilometres sans peiner. Nous pouvons tout faire a pied mais cela signifie que nous passerons la frontiere vers 15h et que, si l'attente est de 4h comme l'ont connue nombre de voyageurs (jusqu'a 10h pour certains), nous devrons avancer de nuit et nous trouver un hotel dans la ville frontiere, ou, comme dans toute ville frontiere, les arnaqueurs sont nombreux.

Une camionnette s'arrete dangereusement au milieu de la route et fait marche arriere. Nous montons jusqu'a la frontiere qui, surprise, n'est pour nous qu'une formalite. En une demie-heure, l'affaire est dans le sac et nous voici en Republique Islamique d'Iran. La camionnette qui part a Tabriz et passe par Maku ne veut pas nous y deposer. Son chauffeur prefere nous laisser entre les mains des chauffeurs de taxis et des changeurs de monnaie. L'affaire doit etre bonne puisque deux chauffeurs en viennent aux mains pour nous conduire. Ali, un troisieme chauffeur arrive discretement et nous monte a son bord en laissant les deux autres regler leurs comptes.

A Maku nous prenons une chambre dans l'hotel Alvand recommande par le Lonely Planet. Les tarifs sont derisoires, 6 euros pour deux. Nous prenons le pouls du pays en nous balladant dans cette etrange ville nichee au creux d'une gigantesque faille. Nos premieres impressions confirment ce que l'on nous avait dit ; les iraniens conduisent comme des fous, les femmes, malgre le voile qui leur enleve tout charme sont souriantes et ne fuient pas le contact avec nous.

par CapAsia publié dans : Turquie
Vendredi 23 décembre 2005

Mercredi 14 decembre

 

Troisieme jour en Cappadoce. İl fait presque chaud aujourd’hui. Alternons marche et autostop pour nous rendre a Mazıköy et visiter la cite souterraine, officiellement fermee mais que nous explorons avec Ahmed, notre guide du jour. Les souterrains s’etendaient autrefois sur 12 etages et abritaient pas moins de 2000 personnes. İncroyable !

Nous quittons Adrien a notre sortie pour marcher avec la ferme intention d’atteindre ce soir Tilköy, ou se dresse un caravanserail ou nous pensons dormir. La-bas, un villageois nous en deconseille a cause des chiens errants. Nous serons ses hotes pour la nuit. Je pense me rappeler longtemps de cette soiree ou nous avons ete litteralement gaves : graines de tournesol, fruits, galettes de pains, olives, produits fermiers... !

 

Jeudi 15 decembre

 

Apres un copieux petit dejeuner, nous visitons le caravanserail. D’epoque hittite (il y a plus de 3000 ans), il est en ruines mais a conserve toute sa splendeur.

Nous alternons marche et autostop pour nous rendre a Soğanli, 150 habitants seulement mais qui reçoit l’ete plus de 1000 visiteurs par jour. Ses eglises, creusees dans la roche et abritant des fresques du 14e siecle, sont les plus belles de Cappadoce.

Nous faisons forte impression dans les villages que nous traversons : un attroupement d’hommes se forme quand nous demandons notre route et les ecoliers se mettent en rang, tous heureux d’etre photographies !

 

Alors que nous sommes a la recherche de caravanserails, le ciel gronde et la pluie s’abat sur nous. Des marchands de tapis nous conduisent jusqu’a Devili. La-bas, nul ne connait de caranvanserail. İl fait froid. Nos pieds sont trempes. Extenues de suivre les fausses indications des turcs qui veulent toujours se rendre utiles, nous filons en dolmüş vers Kayseri, a 86 km...

 

Cette ville de 2 millions d’habitants est le centre d’affaires de l’Anatolie. İl est difficile d’y trouver un hotel bon marche. Prets a accepter une chambre a 35 YTL, depites, nous tombons par hasard sur Mahir. İl parle français, connait l’hotel le moıns cher de la ville et possede en plus une boutique de tapis dans le caravanserail, que personne ici n’avait pu nous indiquer ! Quelle aubaine... 

 

Vendredi 16 decembre

 

Nous nous reveillons a 7h30. Toilette rapide dans le lavabo de la chambre (pour 16 mıllions la nuit pour deux, la douche –froide- et les toilettes sont dans le couloir). Nous visitons le matin la mosquee, le chateau et le grand bazar, complexe historique du 13e siecle avant de nous rendre a la gare pour se renseigner des trains au depart pour Sivas. Tache difficile car ici rien n’est clairement indique : il faut demander les infos en turc au controleur qui prevoit a la calculatrice les horaires ! Le train serait a minuit ou 1h20. Ce qui nous laisse tout le temps de passer au caravanserail ou nous avons rendez-vous avec Mahir et Mehmet.

 

C’est en fait Adam, reparateur de tapis et cousin de Mehmet qui nous accueille. Dans sa boutique, nous buvons the sur the en sa compagnie et d’autres amis du metier. Il nous propose de visiter le bazar en sa compagnie mais auparavant, il faut se rendre au stade pour acheter les billets du match de ce soir. Kayseri recoit le grand Galatasaray et, etant donne le prix derisoire des places, nous serons de la partie. Cela nous arrange bien puisque notre train part a 1h30 du matin, nous patientrons donc sans probleme. En attendant, ayant pour nous l’apres-midi, nous partons visiter le caravanserail de Incesu a 35 km. La-bas, on nous offre le the dans la plus typique des maisons de the que nous ayons vu jusqu’a present. De petites tailles, la pıece sombre est eclairee par les rayons du soleil qui traversent les volets fatigues et font apparaitre les lourdes volutes de fumee. Un artisan nous presente son travail, il fabrique des sieges pour monter les anes avec des vieux kilims et des pousses de roseaux. C’est le seul atelier encore en activite et la cour centrale qui doit faire 2000m2 parait bien vide.

De retour a Kayseri, c’est trois heures avant le coup d’envoi du match qu’il faut partir. Nous retardons le mouvement, invites de tous cotes a boire le the. A 18h, c’est la ruee dans le stade et les supporters n’adoptent pas vraiment un comportement civique : on pousse, on double, on grimpe, on saute... Ici avoir son billet ne garanti pas l’acces au stade, il faut “faire sa place”. Galatasaray l’emporte par 3 buts a 1, avec tous les ingredients d’un match houleux : fumigenes, echauds-fourres entre joueurs et meme entre supporters de la meme equipe. Nous restons stupefaits en constatant le nombre de graines de tournesol qui jonchent le sol apres match... Les turcs en sont fous, ils en mangent tout le temps et a une vitesse incroyable.

Quand nous rejoignions la gare vers minuit, apres avoir failli craquer sur un kilim “prix d’ami”, des dizaines de voyageurs attendent bruyamment le train. Alors qu’un jeune couple essaie difficilement de faire dormir ses trois jeunes enfants, un vieil homme passe le temps en ecoutant ses sonneries de telephone...

par CapAsia publié dans : Turquie
Dimanche 18 décembre 2005

Jeudi 8/12

 

 

 

 

Nous partons ce matin en direction d’Ankara ou nous espérons bien pouvoir obtenir rapidement notre visa iranien après avoir patiente plus d’une semaine pour rien a Istanbul. Nous avons passe la nuit dans le caravansérail de Gerede pour la modeste somme de 3€ pour deux ! A ce prix la, pas question d’envisager une douche ou le chauffage dans la piece mais ne sommes nous pas en train de vivre une belle experience, celle d’occuper, deux siecles apres leur passage, la chambre des marchands nomades ? Nous arrivons a Ankara vers 10h et rejoignions rapidement l’ambassade d’Iran ou les employes, tres aimables, nous invitent a repasser dans l’apres-midi pour recuperer nos visas. Ouf, il semble que l’episode se termine enfin. Au passage, je profite de l’opportunité pour glisser au responsable du service des visas que nous aimerions obtenir un visa de 45 jours pour visiter plus longtemps son « immense et merveilleux pays ». Bien que la flatterie puisse etre consideree comme un vice, il faut parfois en user puisque nous obtenons le precieux sesame avec la prolongation, ce qui est tout simplement exceptionnel et pour ainsi dire generalement impossible. Cela nous evıtera a la foıs de faire la demande a Teheran (ce qui prend souvent qq jours sans assurance de résultat) et des économies puisqu’une prolongation de visa n’est pas gratuite.

 

Nous passons la soiree et la nuit chez M. Buchwalter, le jeune responsable communication de l’ambassade de France ou nous sommes alle dans la journee qui nous offre un accueil royal « a la turque ».

 

 

 

Vendredi 9/12

 

 

 

Nous quittons rapidement la capitale qui ne fut pour nous qu’un passage oblige. Nous marchions dans le nord du pays, nous voici descendus en son centre. Nous continuons donc vers l’Est en passant par les villes hittites de Hattousas et Alacahoyuk que certains considerent comme la plus vieille ville du monde (3000 av J.C.). Nous y sommes misafir, c’est-a-dire « hotes ». Le village ne possedant pas d’hotels, nous nous voyons dans l’obligation de faire le tour des maisons pour demander l’hospitalite. Pour M. et Mme. Turc (ca ne s’invente pas) cela ne pose pas de probleme et nous voici rapidement attables dans la seule piece chauffee de la maison. Dans les villages recules de la Turquie, le pain est fait maison, tout comme les produits laitiers et, etonnant, le ketchup.

 

 

 

Samedi 10/12

 

 

 

Il y’a des jours ou, partant le ventre plein et marchant sur une belle route, nous avalons les kilomètres sans peiner. En 4 heures ce matin, nous avons parcouru 25 km sans marquer une seule pause ! Nous achevons la marche dans l’apres-midi, en levant legerement le pied. Nous arrivons a la nuit tombante a Hattousas, apres 39 km de marche. Le village est tres touristique l’ete mais l’hiver, la majorıte des hotels est fermee. Peu ımporte, nous dormirons sous la tente. Avec nos duvets Lestra nous ne craıgnions pas la temperature fraıche de la nuit a 1500m d’altitude. Mais les gros bonnets sont la, ceux qui, sans pitie, voient dans le touriste une rentree d’argent facile. On nous propose de dormir sur la pelouse d’un hotel pour 20 000 000 TL, soit plus de 13€, sans acces a l’eau ni a l’electricite. On nous prend vraiment pour des cons ! Et puis quoi encore, le terrain vague de ton oncle pour 3€ ? Dans le mille ! Les gens ici sont prets a faire n’importe quoi pour gagner quelques sous. Quand on connaît la gentilesse naturelle des turcs on se dit que vraiment le tourisme « pourrit » les gens. Nous finissons par camper dans un camping ferme en hiver ou personne ne nous importunera, pas meme le gerant qui au petit matin nous offre le the. Comme quoi il reste des gens genereux.

 

Dimanche 11/12

 

 

 

Nous visitons les sites hittites en compagnie de Faruk, qui, comme tous les habitants du village, se prétend archeologue et propose ses services pour la decouverte des 7 km2 du site. Il tente au passage de nous vendre ses pierres « scultees en famille et a la main avec un couteau de cuisine ». Bien sur, pourquoi pas…

 

Nous partons ensuite en voiture en direction de Yozgat ou le bus journalier pour la Cappadoce part a 13h. Nous y suivrons la route des caravansérails, nombreux dans la region.

 

 

 

Lundi 12/12

 

 

 

Nous occupons depuis hier soir une petite pension a Goreme, en plein cœur de la Cappadoce. Nous partageons la chambre avec Adrien, un jeune suisse de 18 ans en route depuis 4 mois et qui avance lui aussi vers l’Est, puisqu’il veut rallier le Japon en 12 mois. Peu habitue des reveils matinaux, il se joint a nous pour une randonnée qui commence des 7h30. Avec des couchers de soleil des 17h, les journees sont bien courtes si on les commence tard.  Nous rejoignions la vallee rose ou, comme des gamins, nous explorons chaque recoin des falaises de tuf qui ressemblent a de grands malabars bigout. Comment decrire aussi la beaute des cheminees de fees et des stalagmites, magnifiques formations geologiques nees des eruptions volcaniques puis de l’erosion des roches ? Certains villages de la région, comme Zelve, étaient encore habites il y a moins de 50 ans. Dans les troglodytes se trouvent de magnifiques eglises rupestres dont certaines ont plus de 1000 ans et presentent des fresques magnifiquement conservees. On peut aussi trouver de grands pigeonniers qui faisaient la fortune des familles au XIX eme siecle, quand la fiente de pigeons etaiet utilisee comme le meilleur des engrais.

Nous finissons la journee autour d’un the chez Ercan a Mustafapasa. İl nous donne de precieuses informations sur la region et les randonnees a faire, repoussant par la meme occasion notre depart d’une journee. Comment pourrions-nous nous refuser la decouverte de l’une des plus belles regions du monde ? Comment pourrions-nous survoler tant de beaute pour ne pas prendre de retard ? Ne sommes-nous pas non plus partis pour « prendre le temps ? »

 

 

 

Mardi 13/12

 

 

 

Comme la veille nous partons tot ce matin et on ne peut pas dire que le temps en Cappadoce nous aide a nous tirer du lit. Il doit faire moins de 0 a 7h mais esperons-le, le temps se levera avec le jour. En coupant a travers champs, nous rejoignions rapidement la citadelle de Ortahisar. Au sommet du batıment, la vue sur la region est superbe et nous apercevons le « chemin de tracteur » ou commence la randonnee. En l’empruntant nous croisons une église du XIII e sıecle presque invisible dans la roche. Nous penetrons ensuite dans une vallee de pigeonniers, magnifique. La lueur du soleil qui s’est leve faıt apparaître dans la roche des petits carres. Ce sont les fenetres des pigeonniers, désertes aujourd’hui. Nous y passons l’apres-midi escaladant les parois et les tunnels verticaux pour mieux comprendre l’organisation et le travail des hommes qui collectaient la fiente. Les plus grands pigeonniers font jusqu'à 7 ou 8 étages et abritaient des centaines de milliers de volatiles.

 

par CapAsia publié dans : Turquie
Mercredi 7 décembre 2005

Jeudi 24 novembre

 

Apres une visite touristique et hors de prix du palais de Topkapi, celui des Sultans Ottomans et de leur harem qui invite a la reverie, nous filons dans les coulisses du Grand Bazar. C est la, dans les anciens caravanterails de la route de la Soie , dans des ateliers meconnus des touristes que nous passons l’apres-midi. L’oeil expert et le geste sur, les artisans faconnent des bijoux, coulent de l’or et de l’argent, travaille le cuir dans la penombre. Notre visite ne les perturbe pas et c’est silencieux et attentifs que la magie opere : acheminees par des porteurs, de veritables mules, les matieres premieres font le tour des ateliers pour subir les transformations successıves et necessaires a la creation d un produit fini qui rejoindra bıentot les etals et l ambiance du Grand Bazar. Nous en profitons pour faire quelques achats aux meilleurs prıx.

 

Vendredi 25/11-mercredi 30/11

 

Les numeros d’autorisation delivres par le ministere des Affaires Etrangeres a Teheran se font attendre alors que nous avons pris soin de faire la demande 10 jours avant de parvenir a İstanbul et de faire notre demande de visa au consulat d’Iran. Nous continuons donc Notre visite de la ville sans pouvoir prendre le large. Nous preparons la suite de notre sejour dans la bıblıotheque du Consulat de France maıs nous sommes bıen impatients de reprendre la marche. Mardi 29, nous prenons le taureau par les cornes et joıgnıons nous-memes l’agence de voyage ıranıenne qui se fait pour nous l’intermediaire. Quelle ıncompetence! Nous apprenons que les personnes en charge du dossier au Ministere sont en vacances… bien sur, pourquoi ne pas y avoir pense plus tot? On aura decıdement droıt a tout… C est decıde, avec ou sans les vısas nous partırons demain, nous ne pouvons nous permettre d attendre plus longtemps a İstanbul. Nous essaıerons de recuperer les vısas a Ankara. Nous prenons la route de Bursa avec un nouveau compagnon : Merlın, un nain de jardin parti de Strasbourg et qui va continuer son voyage avec nous! Prendre racine dans un jardin, pas question!

 

Jeudi 30 novembre

 

Bursa possede sıx caravanterails dont Koza Han,une construction du 15eme sıecle magnifiquement conservee. Cherchant a collecter des ınformations sur la route de la Soie , nous rencontrons Aydin Murat qui tient une boutique a l’etage. Nous discutons un bon moment en sa compagnie et il nous invite a le suivre chez un concurrent qui possede un petit atelier. Malheureusement la visite est impossible pour deux raisons. La premiere est claire : le commercant travaille actuellement sur ses stocks et n’ımprime la soie qu’a partır de mai et pendant les mois d ete. La deuxieme est moins avouable mais tout aussi evıdente : le vieil homme craint l’espionnage industriel et on le comprend. Ces 5 dernıeres annees, la concurrence chinoise a fait passer la production de Soie de 100% a 10% dans les ateliers, le manque a gagner etant comble par le travail de nouvelles matieres comme l acrylıque.  Sans retenue, Aydın repond a toutes nos questions et nous devoile chıffres et magouilles du systeme. Sı vous passez par le marche de Noel de Strasbourg, vous pourrez peut etre acheter un foulard de Bursa puisque c est l’un des gros clients de notre ami. Ce soir nous dormons dans un pretentıeux Luks Otel qui heureusement n est pas plus cher que les autres. Et heureusement, aurıons nous accepte la bouteılle de pisse que Remi denıche sous son lit?

Jeudi 1er decembre

 

Voıla 10 semaines que nous sommes partıs et nous avons bıen l’intention de feter ca par une belle journee de marche. Nous prenons la direction d’Iznik en empruntant une route qui longe un lac pendant environ 45 km, soit deux jours de marche. Remi se remet de sa tendinite, ce n’est pas le moment de faire tomber les records. Nous dejeunons sur les bords du lac mais ce n’est pas un festin : nous n’avons qu’une boite de sardines et 2 clementines. Nous nous rabattons sur l’excellent pain turc. La route est tres peu frequentee et nous traversons les champs d’oliviers dont c’est actuellement la recolte. Armes de leurs peıgnes et de leurs grandes echelles, les hommes et les femmes font tomber les olives au pied de l’arbre ou un Grand drap est etendu. Quand toutes les branches ont ete peıgnees, l’operation consiste a vıder le contenu du sac dans des caisses qui sont ensuite acheminees au village en tracteur. En fin de journee, tout ce petit monde rentre dans les patelins et les cafes se remplissent rapidement des cueilleurs saisonniers qui se rechauffent aupres des poeles. Nous faisons de meme et c’est en leur compagnie, dans une ınfırmerie inutilisee que nous passons la nuit.

 

Vendredi 2 decembre

 

Comme les cueilleurs, nous sommes debouts a 6h00. Nous voulons rejoindre Iznik rapidement pour visiter la ville dans l apres-midi et repartir aussitot, en bus cette fois, pour rejoindre Akyazey, un village de campagne a une centaine de kilometres a l’est ou nous marcherons demain et pendant plusieurs jours. Les routes turques encombrees et dangereuses nous incitent a choisir des ititneraires moins directs mais bien plus agreables. Apres 26km de marche et quelques thes offerts par les habıtues des cafes des bords de route. Nous parvenons a Iznık, la capitale de la ceramique. Nous laissons nos sacs sous l’oeil bienveillant de quelques buveurs de the (nous sommes surs qu’ıls ne partırons pas de la journee) et visitons la ville. Le theatre romain tout d’abord, fort bien conserve, puis la mosquee, la plus belle que nous ayons vue en Turquie. Non qu’elle soit immense mais clairs et colores, ses murs sont recouverts de faience du plus bel effet.  Nous discutons un moment avec l’imam qui nous propose de rester pendant l’appel a la prıere.

Nous filons ensuite a la fondation pour la ceramique ou nous observons le travail de longue haleine des artisans qui decorent assiettes, vases et carreaux avec la plus grande precision.

Nos sacs n’ont pas bouges et nous repartons en direction d’Akıazey. Avec l’aide d’un etudiant rencontre dans le bus, nous denıchons une chambre tout confort pour un prix derisoire.

 

Samedi 3 decembre

 

Il est 7h30 et nous sommes deja en T-Shirt! Nous refusons poliment l’invitation pour le the a la sortie de la ville. Malgre les statistiques que nous tenons, a savoir le nombre de thes offert par jour, 14 hier, nous continuonsnotre chemin. La route monte ce matin puisque nous devons franchir un col a 725m dans quelques kilometres. Des que nous stoppons l’effort, nous devons nous couvrir pour ne pas prendre froid. A 17h, epuises et a la moitie du col, nous obliquons vers un village. Il fait nuit et nous devons demander l’hospitalite. Dans la maison a the du village, inutile de chercher des explications, nos visages expriment notre fatigue. Ce soir nous sommes les misafirs, les hotes. Nous mangerons trois fois dans la soiree, discuterons avec tous les villageois et nous leur ferons oublier pour quelques heures qu’ıls sont en deuil apres la disparition d’un des leurs.

 

Dimanche 4 decembre

 

La marche nous mene aujourd’hui a Mudurnu ou nous retrouverons tous les villageois dans la soiree puisque nous sommes convies a un mariage. Quel honneur! Seulement, nous sommes partis tard de chez le Mouthar, la maire, et nous sommes encore a 12km de la ville a 17h. C’est dans le panier a salade des jandarmas, tres sympas, qui nous ramassent en bord de route que nous rejoingnions Mudurnu. Nous trouvons une chambre chez l’habitant pour 6€ et nous voici a la fete, avec nos gros godillots. La soiree est anımee, ıl regne une vraie ambiance de kermesse autour des maries qui saluent peniblement un a un tous les invites. On rit, on grignotte des petits gateaux et on boit des jus de fruit en briquettes… Le groupe de musiciens traditionnel fait danser la foule : les hommes et les femmes separement au debut puıs ensemble en fin de soiree. Vers 23h, la foule se disperse et chacun rentre chez soi.

 

Lundi 5 decembre

 

Nous poursuivons notre marche en direction d’Abant, un station de montagne a 1500m d’altıtude. La route est penıble et nous atteıgnıons la ville et son magnifique lac en 6 heures…et seulement 18km au compteur! Nous y dejeunons avant d’aborder la descente. Il n’y a aucun village sur ce versant de la montagne et c’est dans une ferme isolee que nous passons la nuit, les proprıetaires ayant accepte de nous preparer un repas, une piece et le petit dejeuner pour 10€. L’agriculteur est un vrai comique et surtout un grand curieux. Nous lui montrons notre route en Turquie a l’aide de notre carte et, comme un enfant qui decouvre un jouet, ıl la deplıe, trace des routes avec son doıgt en poussant de grands cris d’etonnement. Il n’a jamais vu son pays sur papier et ıl prend soudain conscience de son immensite. Il n’en revient pas, il ne peut s’empecher de s’agenouiller dessus et de s’imaginer les distances avec ses mains en prenant comme repere les 25 km quı separent son village de Bolu, la ville la plus proche. Nous venons de bouleverser ses reperes, comment peut-on accomplir un tel voyage?

 

Mardi 6 decembre

 

Nous rejoignions Bolu dans l’apres-midi et nous partons a la rencontre de Mustafa, un ancien militaire de la legion etrangere que l’on nous a recommande. Dans sa boutique de livres religieux, il nous accueille avec grand plaisir. Apres la priere de 17h25, nous partons chez lui ou nous pensons passer la nuit. Il nous offre un superbe repas mais nous explique que sa femme ne tient pas a nous heberger. Nous ne voulons pas lui avouer que nous sommes venus specialement a Bolu pour le rencontrer en imaginant que nous serions recus, aussi nous n’insistons pas. Il nous conduit dans un hotel mais refuse categoriquement que nous payions la chambre. Nous sommes ses invites! Comment accepter la situation alors que nous sommes venus sans meme le prevenir? Mais les turcs sont ainsi et surtout tres tetus. Insister pour payer serait le vexer. Nous lui promettons donc de lui envoyer une carte postale et le livre de Bernard Ollivier dans lequel son nom est mentionne. Mine de rien, l’hotel est agreable : quatre journees de marche et aucune douche, on peut le dire, ca laisse des traces!

 

Mercredi 7 decembre

 

Nous venons d’obtenir notre numero d’autorisation pour notre visa iranien. Enfin! Nous allons donc partir pour Ankara ou nous passerons a l’ambassade. Nous profitons aussi d’Internet pour donner des nouvelles et actualiser le site.

 

par CapAsia publié dans : Turquie
Mercredi 23 novembre 2005

Lundi 21 novembre

 

Ce matin, nous nous rendons au consulat d’Iran, derrière le Grand Bazar de la ville. Nos demandes de visa effectuées dix jours plus tôt ne sont malheureusement pas encore enregistrées et nous devons attendre la réponse de Téhéran. Ensuite, le responsable nous rassure, tout ira très vite. Nous devons donc patienter quelques jours à Istanbul mais serions-nous partis sans découvrir cette ville aux mille merveilles ?

Istanbul, qui fut successivement Byzance puis Constantinople, est une ville surréaliste. A cheval sur deux continents elle présente aujourd’hui le double visage de la modernité et celui d’un passé omniprésent.

Nous commençons la visite par le Grand Bazar, construit au XVème siècle. C’est la caverne d’Ali Baba. Sous les arcades du bâtiment se tiennent les joailliers, les marchands de tapis, les vendeurs de pacotilles et ceux de tavlav (backgammon). On y voit aussi les vendeurs d’enluminures et d’antiquité. C’est le plus grand marché couvert du monde avec une superficie de 200 000m2 et pas moins de 4000 boutiques. Il reste dans ce bazar des caravansérails de la route de la Soie, aujourd’hui transformés en petits ateliers.

Nous poursuivons notre visite de la ville en direction de la Mosquée Bleue et de Sainte Sophie qui était autrefois une église. Nous prenons un bus en direction du café Pierre Loti, au nord de la ville. La vue y est splendide et nous apprécions de nous plonger dans l’atmosphère de l ‘écrivain français qui travaillait ici, le regard posé sur la Corne d’Or, bras de mer qui sépare le côté européen de la ville en deux parties. Nous rentrons tranquillement dans le centre-ville pour apprécier l’animation des rues, les vendeurs de « fish kebab », les petites gargottes qui préparent une cuisine locale excellente et économique. Les mosquées s’illuminent et puis comme dans un conte de Noël, la neige vient blanchir les toits des immeubles.

 

Mardi 22 novembre

 

Nous commençons la journée par un passage au Consulat Général de France. Nous sommes reçus par Madame Caillon, vice-consul, qui nous accorde un peu de temps pour satisfaire nos demandes. Nous obtenons un message en turc expliquant notre démarche et qui nous servira si nous atterrissons la nuit tombée dans des petits villages. Elle informe le Consul de notre présence et celui-ci nous invite le lendemain dans la soirée pour un dîner au Grand Palais.  Enfin elle nous met son téléphone à disposition pour donner quelques nouvelles aux familles. Nous filons ensuite en direction du Palais de Topkapi qui fut pendant quatre siècles (XVè-XVIIIè) la résidence des sultans. La visite est hors de prix et nous décidons d’attendre un peu. Nous essaierons de savoir si elle en vaut vraiment le coup, bien que nous en soyons déjà persuadés. Et puis la curiosité de visiter le harem est grande…

Nous nous rendons ensuite côté asiatique pour visiter le marché de Sali Pazari, le plus grand de la ville qui n’a lieu que le mardi. Symboliquement, nous nous dirigeons vers le pont Bogazici Koprusu qui sépare les deux continents. Le détour prend bien une demi-heure à pied et on nous refuse la traversée à pied. Le policier planté là ne veut rien savoir, nous avons beau tenter de lui expliquer le symbole que cela représente, il s’en contrefiche. Nous rejoignions donc l’embarcadère des bateaux qui font la liaison entre les deux rives du Bosphore. Chaque jour ils sont des milliers de stambouliotes à emprunter ces minis ferry qui offrent pour un tarif dérisoire une vue panoramique splendide sur la ville. Le marché est immense, plutôt désordonné et en plein air. Ce sont les vendeurs de textiles, pieds nus et debout sur leurs étals qui tiennent la vedette. On trouve de tout, de la contrefaçon bien sûr, des chaussures en cuir pleine fleur ou en plastique pleine arnaque, de la lingerie fine aux bonnets généreux et des vêtements chauds pour l’hiver dont nous faisons emplette pour un bon prix (cagoules, pull en laine et chaussettes).

Au retour nous repassons pour le plaisir au Grand Bazar qui se vide avant la fermeture. L’heure est idéale pour déambuler tranquillement dans les allées sans se faire bousculer par la foule. Mais nous sommes hélés par les marchands qui voient en nous leurs derniers clients.

 

Mercredi 23 novembre

 

Nous passons la matinée à écrire nos articles et la newsletter. A 15h nous nous rendons au Palais du Consulat pour rencontrer Mlle Dost, assistante du directeur des études anatoliennes avec qui nous souhaitons discuter de notre voyage et des étapes que nous pourrions faire.

par CapAsia publié dans : Turquie
 

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