De retour en France !

Publié le par CapAsia

Nous sommes en France !


« Il n’y a plus de nouvelles, que faites-vous ? ». Voici la phrase souvent entendue dernièrement, il convient donc, maintenant que nous sommes en France, de vous racontez nos dernières péripéties asiatiques.


Nous écrivions notre dernière rubrique à Xi’an, en Chine, où, historiquement, commence la route de la Soie. Elle s’y est terminée pour nous le 24 juillet. Le voyage continuait cependant, vers Pékin puis vers la France mais notre belle et longue balade à pied sur les routes orientales avait bel et bien pris fin.


C’est donc en train et dans un wagon plein à craquer que nous rejoignons Luoyang, l’une des plus anciennes villes chinoises qui fut capitale de l’Empire du milieu il y’a deux mille ans. Cette petite ville chinoise de « seulement » un million d’habitants est idéalement située pour la visite des grottes bouddhiques de Longmen qui présentent d’immenses gravures rupestres taillées dans la roche. Comme partout en Chine la révolution culturelle des communistes au milieu du XXème siècle n’épargna pas le site que de petits artisans s’évertuent à faire revivre aujourd’hui, sous les ordres du Parti, toujours au pouvoir.


Nous rejoignons ensuite Pékin ou plutôt Beijing comme on dit ici, la « capitale du Nord ». Nous y sommes accueillis par deux amis de l’ESSCA, notre école, qui effectuent un stage. En ouvrant sa porte, Arnaud ne nous reconnaît pas : les cheveux ont poussés, les joues sont creusées et la mine fatiguée… Nous sommes le 28 juillet, c’est le jour de mon anniversaire (Alex) et nous fêtons ça dans un restaurant coréen, autour d’un superbe barbecue. De la viande non découpée en petits morceaux, enfin, une vraie entrecôte saignante bien saucée, de quoi nous refaire une santé… et prendre des forces pour la vie nocturne pékinoise, bien animée !


La raison de notre arrivée prématurée à Pékin est double : Rémi doit rencontrer un médecin pour enfin savoir quelle maladie il traîne depuis des semaines. Affaibli par ce qui s’avère être une dénutrition, le dernier mois a été extrêmement difficile pour lui, bien qu’avec une grande perte de poids il se soit fait violence pour parvenir jusqu’au bout du voyage. A Pékin nous retrouvons pendant deux semaines un mode de vie plus occidental, bien que nous soyons plus à l’Est que jamais. Nous re-découvrons les supermarchés, les MacDonald’s (sans y mettre les pieds, allons…), les grands magasins… Pékin est également une ville pleine de parcs et de jardins superbes ; à l’ombre des arbres sous lesquels les vieux effectuent les mouvements gracieux du Taï Chi, jouent aux cartes, chantent…


Désormais, le transsmandchourien est la solution idéale pour rentrer tranquillement en Russie puis en France (le transsibérien, appellation communément admise, relie Moscou à Vladivostok, sans entrer en Chine). Pas de rapatriement donc et 7 jours reposant dans un train, sur la ligne la plus longue du monde. Nous obtenons nos billets pour un départ le 12 août et des visas de transit pour 10 jours au pays des jolies poupées.


Passer deux semaines à Pékin permet d’entrevoir le mode de pensée des chinois et le fonctionnement de cette société qu’un trop court passage en Chine amène souvent à juger négativement. « Ils ne comprennent rien, ils sont bêtes, de mauvaise foi… » sont les jugements communs et hâtifs souvent partagés avec des voyageurs rencontrés dans le pays. Sur la Place Tian’An Men, il sont la par milliers, des touristes chinois en voyage dans la capitale, casquette du tour opérator vissée sur la tête pour ne pas perdre le groupe, drapeau rouge dans une main, caméra dans l’autre, photographiant leurs pairs sous Mao, le grand Timonier. La photo est toujours la même : bouche ouverte, les bras levés et les doigts en signe de victoire. Voilà la pose « officielle » que les parents enseignent à leurs enfants dès le plus jeune âge. Pour l’occidental, même après 11 mois de voyage, le « choc » est réel. Les chinois n’ont aucune créativité personnelle, personne ne se distingue, ils sont tous semblables, agissent de la même manière. De vrais Playmobil ! Des décennies de communisme, de pensée commune et d’ordre public ont eu pour résultat de mettre à bas tout esprit contestataire et revendicateur. Comment pourrait-il en être autrement ?


Est-ce donc bien ce pays qui détrônera sans doute un jour les Etats-Unis ? Observer Pékin amène à y croire fortement. La ville est un immense chantier ; au milieu des gratte-ciel poussent d’autres gratte-ciel. Lever la tête c’est voir des centaines de grues. Baisser les yeux sur le trottoir c’est voir les ouvriers assis en rang d’oignons, allant chercher leur ration de soupe avant d’aller dormir sous des tentes, entre deux périphériques. Les murs des demeures traditionnelles sont barrés d’un hologramme signifiant la destruction. Les habitants n’ont d’autres choix que de partir sans savoir dans quelle direction. Les Jeux Olympiques, à n’en pas douter, seront grandioses. Espérons que les visiteurs de 2008, les yeux lumineux du reflet des médailles, des grands hôtels et de l’illumination de la Cité Interdite sauront être conscients du prix qu’il en a coûté à certaines familles pour que le sport et ses valeurs d’humanité établisse ici son siège le temps d’un été.


Cependant, les chinois, pour peu que l’on n’ait pas de service à leur demander, savent se montrer agréables et rieurs. L’humour compte beaucoup chez eux et le touriste, bien qu’ils en voient tous les jours, reste une vraie curiosité.


A l’assaut de la Grande Muraille


Attraction majeure aux alentours de Pékin, la Grande Muraille est devenue le parfait exemple de la conception du tourisme selon les chinois. Tout y est : photographes ambulants, vendeurs de pacotille, de T-shirts, de posters, de boissons… Nous préférons éviter la foule et les parties trop parfaites de la muraille largement restaurée. Bien nous en prend puisque, faisant confiance à un chauffeur de taxi, nous nous retrouvons à Jiankou, sur un pan non exploité pour le tourisme, non restauré et gratuit. Malheureusement, comme tous les jours à Pékin, le ciel est chargé et on ne distingue bientôt plus à 10 mètres. C’est le moment de s’arrêter dans une tour de guet pour passer la nuit. Cette nuit sur la muraille sera notre dernière nuit en extérieur et l’une des plus mythiques.


Et puis arrive le 12 août, 22h56 et le départ du transsmandchourien. Nous sommes trois touristes à bord, avec un jeune japonais. Nous nous attendions à un compartiment confortable mais mis à part les couleurs de la Russie, ce train n’a rien d’original. C’est d’ailleurs un train allemand de 25 ans racheté par les russes. Les « couchettes dures » de la seconde classe portent bien leur nom et les conditions sont spartiates, ce qui, finalement ne change pas de notre quotidien pendant l’année (mis à part chez nos hôtes). Un arrêt de 7 heures à la frontière pour changer les roulements puisque l’écartement des rails est plus important en Russie et nous voilà partis. Les 9800 km s’enchaînent vite, comme les journées que l’on occupe en jouant aux cartes, en écrivant, en regardant le paysage défiler sous nos yeux : les forets de pins, la taïga, le lac Baïkal, les belles maisons en bois de Sibérie. Dans les gares, les baboushkas (les grands-mères) vendent du poisson, du pain, des cigarettes, des pommes de terre…




Moscou, bonjour l’Europe


Sur le quai de la gare à Moscou, tous nos repères sont bouleversés. Voilà des mois que nous avancions vers l’Est. Les hommes avaient la peau mate, la chevelure brune et la taille petite. Ici en Russie, les hommes qui nous entourent sont grands, larges d’épaules, blancs et blonds ! Avec une bière à la main, ce qui n’est pas un détail morphologique mais tout de même une caractéristique de la Russie !

Une fois de plus, l’esperanto nous offre l’opportunité d’être hébergés. Les tarifs des hôtels à Moscou sont parmi les plus élevés d’Europe, autant dire que nous n’aurions pas pu y passer 4 jours sans l’accueil de Ksenia, 25 ans, qui prépare elle aussi un long voyage.

Pour changer, nous passons presque pour des gens du pays. La langue apprise en Asie Centrale revient vite et nous visitons les sites de la ville avec les tarifs des étudiants russes ! Le Kremlin, joli village de lutins tout en couleur, la cathédrale Saint Basile au bout de la place Rouge, quelques monastères splendides… Moscou est une ville dynamique, propre et sûre, contrairement à ce que nous croyions. Les immenses bâtiments communistes qui conservent toujours sur leurs façades la faucille et le marteau bordent des avenues à 8 voies où défilent les plus grosses berlines allemandes, des limousines et les éternelles Lada. Le prix des amendes se négocie avec les flics corrompus, les sosies des grands leaders communistes se font tirer le portrait pour quelques roubles, les jeunes soldats errent dans les rues, on vend des pin’s de la grande époque, des drapeaux et des affiches de propagande. Les femmes souvent bien faites s’alourdissent d’un maquillage exagéré mais, malines, récupèrent en portant très court leurs mini-jupes !


15h45 : vol à destination de Paris via Copenhague, embarquement immédiat

Etrange impression que celle de se retrouver en France, d’entendre et de lire du français, de retrouver un parfait anonymat parmi les voyageurs des terminaux de l’aéroport. Tous va aller très vite désormais et déjà, nous avons dès le lendemain des obligations. Tant mieux car comme disent les braves gens « il faut se remettre dans le bain » ! Bien sûr, oui, se remettre dans le bain… et en prendre un bon aussi !!!

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