derniers jours en Inde puis le Nepal

Publié le par CapAsia

20/06/06-04/06/06

 

 

Nous venons de quitter les sites sacres de pelerinage hindous et marchons vers la frontiere nepalaise. Nous marquons un arret a Bageshwar, ville sans aucun autre charme que celui de nous offrir une chambre bon marche avec tele pour … regarder un bon match de foot! Il faut l’avouer, les indiens ne sont pas les meilleurs informateurs qui soient pour la coupe du monde. Mais comme souvent, chaque question se doit d’obtenir une reponse et peu importe quelle soit vraie ou fausse. C’est ainsi que dans la meme journee, nous apprenons que la Coree a battu la France par 3 buts a 1et qu’elle est desormais eliminee! Ouf, notre equipe de veterans est toujours en course…

Rassures, nous sortons en ville et rencontrons toute une famille preparant le marriage du troisieme fils. Demain, qu’on le veuille ou non, nous serons de la partie.

Le mariage de Shankar et Munni. Il fait beau aujourd’hui et toute une delegation de voisins, d’amis, de cousins s’entasse dans un vieux bus pour rejoinder la maison de la mariee dans laquelle, selon la tradition, va se derouler le mariage. Tout est aux frais de sa famille d’ailleurs et celle-ci a “mis le paquet” : fleurs, decoration kitch a souhait, musique stridente a tue-tete, musiciens traditionnels, costumes, excellente nourriture (vegetarienne comme le veut la tradition) … Les hommes d’abord, a meme le sol, sur une moquette qui devient vite un amoncellement de dechets, de grains de riz, de jus de fruits renverses… Les femmes prennent place ensuite, exposant leurs sarees impecables aux pires taches de gras dont meme les publicites tele ne pourraient tirer profit. Et puis on danse, toujours, sans arret, pourvu que l’on transpire. Les femmes, gracieuses et sensuelles, se font discretes face aux hommes extravagants. C’est qu’un mariage en cache un autre et est l’occasion de faire des rencontres… En bons voyageurs itinerants, nous refusons les offres de certains peres qui verraient d’un bon oeil leur progeniture s’unir avec des europeens. Et pourtant…

La mariee arrive enfin, on ne l’avait pas vue jusqu’a present. Paree de mille bijoux, on ne peut qu’entrevoir son doux visage aux traits tires… Elle rejoint sur un trone son future epoux qui tire lui aussi une tronche d’enterrement. Y’a d’l’amour. Nous sommes pris d’un doute, se voient-ils pour la premiere fois? Non, nous assure t-on, ils se sont deja rencontres… une fois!

Le photographe entame la sceance, fait poser les deux pantins qu’il a devant lui don’t le regard ne se croise jamais. Chaque invite benit les epoux, pour le meilleur et pour le pire. Le rituel du mariage continue en d’interminables jeux amoureux.

Le mariage prend fin vers 17h et tout le monde rejoint le village du marie ou la voiture-sono equipee de 3 haut-parleurs envoient dans toute la villes ses decibels. Nous sommes epuises mais nous dansons encore, jusqu’a la nuit. Notre style leur plait, c’est sur.

Nous dinons ensuite sous une grande tente dressee pour l’occasion et rejoignions nos paillasses dans une piece bien sombre vers minuit. Au petit matin, nous remarquons que celui qui s’est glisse cette nuit entre nous deux n’est autre que… le marie en personne! Comment peut on concevoir un tel scenario? L’Inde, decidement renversante…

Nous reprenons la route le lendemain et atteignons Pithoragarth, le petit Kashmir. Nous voulons envoyer un colis en France et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’affaire n’est pas gagnee! Tout d’abord, il convient de fermer le colis a l’aide d’un tissu blanc. Direction donc le tailleur du quartier qui nous coud un morceau de cotton autour du carton. Un peu cher mais c’est du bon cotton precise-t-il. Evidemment, un tissu sur lequel on va ecrire et qui va traverser une partie du monde merite d’etre de toute premiere qualite! Sacres indiens. Il faut ensuite peser le colis mais il n’y a pas de balance a la Poste, on evalue donc “a l’oeil”! “2,5 kg”, annonce le prepose. Pris d’un doute, il veut quand meme verifier, direction le peintre du coin a qui nous empruntons la balance a poids. 4,5 kg! Pas a notre avantage tout ca. Il faut maintenant sceller le paquet mais la Poste ne possede ici ni bougie ni baton de cire. Nous faisons le tour du quartier pour en trouver. Pas de sceau non plus, le prepose reclame une piece d’un dollar “your French money” pour sceller le colis. La situation devient ridicule, une piece d’un roupie fera l’affaire non?

Deux heures au total, quelle efficacite.

 

 

La frontiere Indo-nepalaise

 

 

Il fait une chaleur torride quand nous nous presentons au poste frontiere indien. Deux officiers en marcel et tongues nous accueillent avec le sourire. “Sit down, please. You want cold drinks?” L’ambiance est plutot decontracte et c’est la meme chose cote nepalais. Il faut dire que les indiens passent ici sans passport, sans presenter aucun document. Une vraie passoire. Les gamins se baignent dans la riviere qui separe les deux pays, il y’a des vendeurs de mangues, des gargottes a roulette, des buffles qui ruminent sous les arbres, des vendeurs de K7… Les officiers nous delivrent le visa le plus simplement du monde, en 5 minutes.

La premiere ville, Mahendranagar se trouve a 6 km. C’est un immense terrain vague faisant office de gare routiere autour duquel on trouve hotels et restaurants. Pour feter notre passage, nous nous offrons une biere bien fraiche, le dernier verre d’alcool remonte a plus de deux mois. Et puis la soiree s’acheve en beaute par la victoire de la France sur le Togo.

Il est 6h quand nous partons a pied en direction de Katmandou, encore a plus de 650 kms. Nous n’avons pas beaucoup dormi, le match etait a 1h du matin. Notre intention n’est pas de marcher dans cette region, nous sommes en retard sur notre programme et malgre la presence policiere, les maoistes sont une reelle menace dans la region. C’est donc en stop que nous traversons l’Ouest du pays. Nous sommes 4 dans l’immense cabine du Tata, un camion fabrique (et decore) en Inde. La route traverse la jungle du Terai. Des gamins guident leurs troupeaux de buffles, beaucoup de gens se deplacent a velo, les militaries portent des casquettes de l’US Army, on vit dans des huttes en toit de chaume. Il fait une chaleur infernale, presque 45 degres, et l’humidite est insupportable. On sue a grosses gouttes, on se sent lourds.

La nuit est tombee et les camions roulent sans phares, allez savoir pourquoi. A la sortie d’un virage, majestueux, un tigre nous coupe la route! Le chauffeur decide enfin de dormir un peu et nos rejoignons le toit du camion qui convoit des planches de bois. Comme dit Remi, “des planches, comme les lits des hotels!” Sauf que les hotels ont un toit alors que du camion a ciel ouvert nous prenons une belle saucee vers 2h du matin. Le chauffeur repart, la nuit est terminee! Nous quittons les deux routiers vers 7h15 et reprenons la marche vers Pokhara, porte d’entrée des Annapurnas. Les paysages sont surprenants, on se croirait dans les Caraibes : vegetation luxuriante, nombreuses varietes de fleurs, bambous incroyables. Cela pourrait ettre aussi la Chine des rizieres et des cultures en terrasse. Les gens sont souriants, curieux, farceurs. Le contact est facile. Tout le monde vit ici de l’agriculture, jamais mecanisee. On laboure avec les buffles, on coupe le fourrage a la main, du soir au matin, avec la hotte en osier et la serpette a la main. Le pays est pauvre, l’un des plus pauvres du monde alors c’est toute la famille qui s’y met et certains gamins des champs semblent envier les ecoliers en uniforme. Un point cependant rassemble tout le monde : le parapluie! Et oui, ombrelle quand il fait chaud et protection contre les grosses nuees qui ne previennent pas… Ce double usage me plait bien et j’en fait emplette dans un magasin. Remi lui ne s’en embarasse pas, “etre trempe de sueur ou par la pluie, quelle difference”?

Nous atteignons la ville archi-touristique après 4 jours de marche et 130 kilometres, tranquillement. La chaleur est largement retombee, le temps est moins lourd. Il pleut tous les soirs mais nous sommes a l’abri pendant deux jours, a l’hotel, comme les touristes venus admirer le lac et les annapurnas en toile de fond. Deception, avec la mousson, le ciel est bas et la visibilite est nulle.

Nous repartons après 2 nuits vers Katmandou, fatigues de cette ville a touristes, de ses boutiques de souvenirs et de la fausse amabilite propre a ce genre d’endroits. Les annees hippies, c’est du passé, n’essayons pas de faire revivre le mythe! Et puis nous sommes preoccupes, comment allons-nous passer en Chine via le Tibet? Nous devrons passer par une agence de voyage, cela coute un prix fou, aurons-nous le choix?

 

 

Katmandou, c’est fou!

 

 

Nous arrivons le jour de France-Bresil, le sejour dans la capitale commence donc par une soiree dans un bar ou nous retrouvons, comme par hazard, une belle brochette de supporters francais. “Allez Zizou, vas-y Titi…” l’ambiance est bien la et la France gagne, nous nous souviendrons du match.

Katmandou est une ville au patrimoine exceptionnellement riche: temples par dizaines, stupas, montagnes en arriere plan, pas etonnant que John Lennon et bien d’autres soient passes par ici. Les rues sont bordees de magasins de souvenirs, de boutiques de trekking, de supermarches, de cyber café, de restaurants branches… tout ca est un peu deconcertant. Se melent a la fete des sadhus trop bien chausses devenus pros du marketing et reclamant qu’on les prennent en photos, des chauffeurs de rickshaw sur lesquels ils passent aussi la nuit, des mendiants, des gamins shootes a la colle et quelques moines tibetains en exil… La visite de la ville est passionnante et fatiguante : de tous cotes nous sommes sollicites, notre regard se perd dans des ruelles, dans les echoppes. Dix minutes de pluie suffisent a inonder les vieux quartiers. Amusees, les femmes obervent la rue de leurs minuscules fenetres et les gamins sortent patauger dans les flaques.

 

 

Le Tibet, oui, non, puis oui!

 

 

Lhassa et le royaume sacre du Tibet nous tendent les bras, nous en sommes a moins de 200 kms. Mais le gouvernement chinois ne l’entend pas de cette oreille et impose a tous les visiteurs de cette region (et en provenance du Nepal) d’etre accompagnes. Cela signifie pour nous : recours a une agence de voyage et marche impossible. L’alternative serait de prendre l’avion mais après comparaison, il s’avere plus economique d’avoir recours a une formule “cles en main”. C’est donc en 4X4, guides comme nous ne l’avons jamais ete que nous traverserons la chaine Himalayenne, avec des cols a plus de 5000 metres d’altitude, nous l’esperons de belles visites de temples et la rencontre des tibetains. Puis il sera temps de rejoindre Xi’an, Pekin et l’Europe, tout ca en un mois et demi! Il va y’avoir du sport…

Publié dans Népal

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Commenter cet article

pierrot 08/07/2006 01:13

Profitez bien de vos derniers 45 jours de voyage ! Quelle fabuleuse aventure vous nous aurez fait vivre... De tout coeur avec vous.
Martine et Pierre

tim 05/07/2006 19:37

une entrecôte vous attend ici dès que vous revenez... si vous etes encore capable d\\\'en déguster une...
bon courage pour la suite et fin

remi h 04/07/2006 12:12

Ouf vous avez pu voir les matchs.... J'ai eu peur pour vous.A bientot, bon courage pour la suite,Remi Harang