En marche pour la KKH!

Publié le par CapAsia

Du dimanche 23 au mardi 2 mai : en marche sur la KKH !

 

Trop degoutes d’etre revenus a la case-depart, nous ne revisiterons pas le bazar du dimanche. Filons en bus pour sortir des faubourgs de Kashgar. Enfin sur lka KKH !

 

Le temps est chaud pour marcher. Les longues lignes droites pre-desertiques ne nous procurent aucun brin d’ombre pour nous arbiter du soleil. Fatigues des efforts du mois qui s’acheve, nous ne resistons pas a l’invitation lancee par le trio de freres (Islamjon, Hassanjon et Tahir), qui, comme beaucoup de chinois, nous regardent passer assis sur leurs talons. 

 

Ce jour-la, nous jouons a “Vis ma vie dans un village ouighoure en Chine”. Nous vivons au lent rythme de ces paysans, pieux musulmans proclamant un “Turkistan libre” (partie musulmane a l’ouest de la Chine, aujourd’hui province du Xinjiang). Les “excursions” dans les champs sont leurs principales occupations. L’occasion pour nous d’en connaitre plus sur la culture ouighoure, d’echanger sur la , l’agriculture et de nous reposer.

 

Ce “temps-mort” nous est profitable. Nous repartons de plus belle, direction Opal, premier village après Kashgar sur la KKH. Le bazaar y est beau et riche. Ne savant pas trop ce que nous trouverons plus tard, nous en profitons pour faire quelques provisions : oeufs, pain, radis, crème fraiche, riz patates. Nos repas ne sont pas tres varies mais ont l’avantage d’etre rapides a cuisine (obliges de faire un feu pour manger chaud, pas toujours faisable…) et consistants. Petit detour par le joli mausolee de Mohammed Kashgari, premier homme avoir imagine un dictionnaire des langues turcophones.

 

Les nuits douces nous permettent a nouveau de camper. C’est grandement appreciable et ca devient une habitude après nos 40 km de marche quotidienne. Le matin, nous partons de bonne heure, vers 7h-7h30, histoire de pouvoir enchainer 25 km le matin. 20 derniers dans l’apres-midi et nous considerons notre journee “finie”. Nous n’oublions pas les pauses, pour nous restaurer (un bout de gras trempe dans son bouillon a 8h30 est ideal pour carburer !), et nous reposer apres le repas du midi.

 

Au fil des kilometres, le paysage change. Les arbres disparaissent et laissent place aux canyons desertiques. Puis viennent les dunes de sables ou nous marchons en compagnie des chameaux. Terrain plus escarpe ensuite (certains pics atteignent 5000 ou 6000 m autour de nous), il devient plus difficile de planter la tente. Si squatter une vieille maison abandonee est un probleme, nous pouvons compter sur l’exceptionnelle hospitalite des peuplants les hauts plateaux de la KKH.

 

C’est ainsi que nous progressons en amont vers le lac de Karakul. Perches a 3700 m d’altitude, nous y trouvons un spot de reve (mais certes un peu froid) en face du Muztagh Ata (7 546m) pour camper. Nous lui preferons aux yourtes de beton construites a la va-vite par les chinois autour du lac pour attirer les touristes.

 

Muztagh Ata dont nous visitons le base camp, a 4550m d’altitude. Marrant de ne se retrouver qu’a 250m du plus haut mont d’Europe (Mt Blanc, 4807m). Sur la KKH, et sans trop s’en rendre compte finalement, les pics jouent dans une autre categorie : ils depassent tous les 5000m !

 

Marcher sur la KKH nous reserve quelques surprises. Si marcher vers le (notre objectif) est simple, il arrive parfois de se poser quelques questions : ou trouver de l’eau et savoir ou dormir. Pour se restaurer, nous pouvons compter sur les tres sympathiques chinois vivants dans les camps d’ouvriers qui bordent la route. Ils remplissent nos gourdes de the sans hesiter, nous fournissent du pain egalement.

Pour ce qui est de dormir, il faut parfois savoir improviser. Les villages sont rares et se faire heberger n’est pas toujours possible. Tout comme planter la tente dans des canyons abruptes. Certains soirs nous reservent des surprises, comme la fois ou nous avons du hisser la tente sous un pont sur 5m2 pour nous arbiter du vent ou le jour ou nous avons affronter la mefiance des Tadjiks a notre egard dans un petit village frontalier (sans doute n’avaient-ils jamais croise d’etrangers ? Ou n’avaient-ils pas le droit de nous heberger chez eux, bizarre…? )

 

Les 100 derniers kilometres pour Tashkorgan (ou nous prendrons le bus pour nous rendre au ) sont durs. Les pieds souffrent sur une piste caillouteuse et non-asphaltee. Le dos tire suite aux positions inconfortables prises pendant la nuit. A un chargement lourd aussi (vivement les beaux jours qu’on puisse se decharger des affaires encombrantes d’hiver!).

L’arrivee est tres appreciee. L’acceuil, lui, reste a desirer ! Cette ville qu’on nous avait dit peuplee de tadjiks est en fait tres chinoise. Deux axes principaux, un bazaar de pacotilles entre les deux. Rien de bien palpitant. Cette ville respire l’ennui.

Nous avons affaire a l’hotel a des chinois malhonnetes, ne causant pas un mot d’anglais, evidemment. L’acces a Internet est bloque aux etrangers. Nous ne pourrons donc pas donner de nouvelles, alors que les dernieres datent deja…du 15 avril. De quoi nous degouter des chinois !

Et puis cette inconnue : nous sommes bientot le 1er mai et ne pouvons pas savoir si la frontiere est ouverte ou non. Personne pour nous renseigner. Une seule chose a faire : attendre le premier bus pakistanais.

 

Lundi 1er mai

 

Jour “officiel” d’ouverture de la frontiere. Un brin d’excitation aux douanes chinoises. Le vernis vient tout juste d’etre pose, les bureaux disposes. Fermee 6 mois de l’annee a cause de la neige (Khunjerab Pass, 4733m), les officiers n’auraient pas le temps de le faire avant, non ?

On nous a demande de nous pointer le lendemain a 8h pour prendre le bus. Soit. A l’hotel et dans la ville, toujours autant d’incesion.

22h : des touristes venant du sont arrives en bus. Ouf…sauves! Nous quittons cette ville demain !

 

Mardi 2 mai

 

8h. Comme nous le pensions, il faut prendre son mal en patience avant de decoller. Le bus est un car chinois, tout neuf, contenant 20 personnes max. Or beaucoup de gens charges attendent, comme nous. Esperons qu’il y aura assez de place !

 

10h. C’est parti ! 5h d’ascension sont necessaires pour atteindre le col de Khunjerab. Nous sommes etonnes de voir des gens vivre a cette altitude (plus de 4000m). Comment pouvons vivre dans ces conditions ? Meme les chameaux sont couverts pour ne pas attraper froid !

 

Passe le col, le bus se fraye un chemin dans les falaises noires et abruptes (“karakorum” prend tout son sens). Un 4x4 en face. Surprise, il passe a notre droite. Et oui, nous avons change de cote : on roule a gauche ici. Bienvenue au !

 

Le passage de frontiere n’est qu’une simple formalite. Juste repondre aux questions des tres souriants gardes pakistanais. Nous ne serons meme pas fouilles a notre arrive a Sost, premier village pakistanais.

 

Nous voila donc en . Depuis le temps qu’on en parlait ! Nous decouvrons les hotels-restaurants un peu negliges, des shops tenus par des hommes souriants, ouverts et toujours prets a discuter, et puis cette tenue si particuliere : le shalwar kameez, combinaison legere dont la chemise descend jusqu’en dessous le genou.

 

Nous retrouvons aussi une vieille connaissance : Adrien, croise en Turquie il y a 6 mois auparavant. Marrant.

Le voyage aujourd’hui nous a fatigue. Aucune folie ce soir. Plutot nous reposer et rever d’un tres bon sejour au .

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

pierrot 31/05/2006 17:27

 
votre blog ne serait pas contrôlé par les autorités pakistanaises ? à chaque fois que vous semblez vouloir dire pakistan, c'est une ponctuation qui apparait à la place du mot ...
bizarre.