La montagne et Bishkek

Publié le par CapAsia

Mercredi 8/03 : que la montagne est belle…

 

 

Nous continuons aujourd’hui la marche entamee hier autour du reservoir de Toktogul. Le temps est plutot gris et la marche n’offre plus le depaysement de la veille. Aussi, quand un camionneur dans son Kamaz s’arrete a notre hauteur, nous grimpons. 50 km plus loin, et plus haut, le paysage a change. Le temps s’est leve et ce sont desormais les montagnes qui nous font face, majestueuses. Nous reprenons la marche , Presque a l’allure du camion qui fatigue sur les pentes a 10%. Sur le parcours Osh-Bishkek long de 650 km, les bahuts consomment entre 350 et 500L d’essence! Nous prenons des forces avant l’ascension d’un col qui nous vera passer de 1400 a 3186m d’altitude après 20 km d’efforts. Au menu, du jambonneau. Le genre de boite de conserve qui reste au fond du sac et que l’on apprecie dans un tel décor, surtout quand nous n’avons rien d’autre.

 

Il est 15h et l’ascension commence. Au fur et a mesure que les virages s’enchainent, que nous prenons de l’altitude, le temps se refroidit. Ce n’est plus de l’asphalte que nous avons sous les pieds mais une epaisse couche de verglas qui oblige certains vehicules a mettre les chaines. Le prochain village est a plus de 60 km et les camionneurs qui nous proposent de monter savant bien quells risques nous courrons.

 

Vers 17h30 et pour la premiere fois depuis notre entrée en Asie Centrale, on nous refuse l’hospitalite! La nuit tombe et il nous faut continuer, absolument. Il est impensable de planter la tente a cette altitude, il y gele meme en plein ete!

 

Apres 7 km une maison se presente sur notre route. Isolee, c’est celle d’un dameur. Il fait desormais nuit et il accepte de nous recevoir. Sa femme nous ser tune assiette de plov et nous partageons, l’espace d’une soiree, leur triste quotidian. Vivant dans une piece unique sans eau ni electricite, ils sont avec leur fils les gens les plus pauvres qui nous aient ouvert leur porte. Au matin, nous les quittons en leur laissant quelques billets.

 

 

Jeudi 9/03 : vers Bishkek

 

 

L’ascension du col n’est pas finie et c’est après 8 km extenuant que nous parvenons au sommet.  Remi a la barbe glacee. Il a fait -20 pendant la nuit et le vent continue de souffler en rafales. Nous sommes a 3186m, au niveau des nuages. Ici il neige huit mois dans l’annee. Le paysage est d’une beaute spectaculaire. Nous avons le sentiment de flotter, entre le ciel d’un bleu sans faille et la neige vierge et pure. Ca et la, des traces de loups rappelent que deux ennemis guettent le marcheur en montagne : le froid et les attaques de meutes qui ici, ne sont pas un mythe.

 

Nous entamons la descente du col, tres technique elle aussi. Bishkek est encore a plus de 200 km et c’est a bord d’un Kamaz que nous rejoignions la capitale. Nous franchissons un second col a la hauteur vertigineuse de 4500 m, tractant une Mercedes tombee en panne.

 

Kanadbek, notre contact esperantiste nous recoit chez lui et nous fait visiter la ville, tiree au cordeau. C’est une capitale agreeable, aux larges avenues bordees d’arbres et de jolis parcs avec en toile de fond les montagnes, a moins de 30 km.

 

 

 

Vendredi 10/03 : la bureaucratie, heritage sovietique

 

 

Kanadbek a raison, avant toute chose, il faut aller a l’Ovir. L’Ovir est le bureau d’enregistrement des etrangers et le lieu ou l’on demande les prolongations de visa. C’est pour cette requete que nous nous y rendons ce matin. En effet, nous avons un visa de 30 jours mais nous estimons que 15 jours supplementaires nous permettraient d’envisager sereinement notre entree en Chine par le col d’Irkeshtam, a plus de 3800 m d’altitude. Il n’est pas certain que le col soit ouvert avant la mi- avril.

 

L’Ovir est le genre de bureaux insuportables ou se presse une foule de gens qui n’ont pas demande a etre la. Bien sur pour satisfaire toutes les demandes, il n’y a qu’une employee debordee qui fait pourtant de son mieux, ne soyons pas medisants. Il faut prendre son mal en patience, ce qui, visiblement, n’est pas l’avis de tous. Cela fait trios heures que j’attends et voila qu’une petasse russe aux seins siloconnes pretend qu’elle etait la avant moi. Et elle me prend pour un americain… Evidemment puisque je parle anglais, comment n’y avais-je pas pense? Avec ses trios gamins, le bureau fait desormais office de garderie. Je prefere me taire et la laisser passer… Alors que la porte du bureau s’ouvre, elle s’apercoit qu’elle a oublie son passport! Je me marre sans retenue …

Nous avons aussi toutes les difficultes du monde a change un traveler cheque dans l’apres-midi. Voila comment se passé une journee ensoleillee dans les couloirs de Bishkek.

Alexis

 

 

 

Publié dans Kirghizistan

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S
Superbes vos aventures ! Bonne continuation... et surtout bon courage. A bientôt, Solène
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P
J'espère que vous n'allez pas vous faire attaquer par des loups quand même...
Allez marchez bien les moritos !
Pierrot
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P
Cela fait plaisir de savoir que vous avez réussi a passer cette satanée douane.Bravo, continuez comme cela.Petit renseignement, si on peint les arbres en blanc, ce n'est pas pour faire joli, mais pour traiter le tronc à la chaux contre les parasites.Bonan kuraghon.
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