Mesaventure au Montenegro...

Publié le par CapAsia

Dimanche 16 octobre

 

 

Nous quittons nos amis et partons en direction du Montenegro. Les gens se sentent membres d une entite, de la Serbie ou du Montenegro mais la Serbie-Montenegro ne represente rien a leur yeux. Certaines personnes se vexent meme, on nous met en garde. Nous avons un contact a Niksic, elle nous a reserve une chambre pres de la faculte pour demain soir. Ce soir, nous aviserons puisque nous tenons a effectuer tout le trajet a pied. La frontier est a 8 km, mous y sommes vers 10h. 2 douaniers, puis 3, ouis 6 nous entourent, nous questionnent, nous observent. La sortie du territoire bosniaque a ete facile mais l entrée au Montenegro est une autre paire de manches. On ne comprend rien a leurs questions, nous nous contentons de leur dire que nous allons a Niksic a pied ou nous avons un contact. Le nom de Djukanovic, notre contact fait son effet, nous pouvons passer, apres avoir presente une carte bleue, expiree, et 60 dollars. Mais qui est donc cette Madame Djukanovic pour que tout le monde la connaisse.

La route est sinueuse, nous traversons des villages authentiques, nous les appelons les villages d Asterix. Les hommes et les enfants font du bois en prevision de l hiver. Nous sommes surpris de voir avec quelle dexterite les gamins manient la hache des le plus jeune age.

Apres 5 km dans le territoire, un vehicule de police s arrete a notre hauteur. Passport. Les deux policiers les examinent longuement et s arretent sur les visas turkmenes et pakistanais. Ils nous regardent bizaremment mais pensent que nous avons deja visite ces pays. Nous n avons donc pas a leur dire que nous partons sur la route de la soie. Je cherche a planquer la plaque d immatriculation croate que nous avons ramassee sur la route, elle pourrait nous poser des soucis. La encore le nom de Djukanovic est un bon passe-droit. Apres 20 minutes d arret, nous pouvons reprendre la route.

Il n y a rien pour dormir avant Niksic, a 35 km, mais nous le savions. Comment etre inquiets puisque la guerre a laisse derriere elle des dizaines de maisons abandonnees ou nous pourrons loger. A Vilusi, nous rejoignons la route nationale. Les maisons abandonnees sont deja moins nombreuses et le temps se refroidit. Ce soir il faudra bifurquer vers un village pour trouver un toit ou demander l hospitalite. Cela ne devrait pas poser trop de problemes, nous avons tout l equipement pour dormir. Vers 16h nous croisons une station service dans laquelle nous faisons le plein d eau, en esperant qu elle soit potable. Pour manger ce soir, nous avons des restes et des conserves ainsi qu un bon morceau de pain. Vers 17h, nous commencons a chercher un refuge pour passer la nuit qui promet, a cette altitude, d etre fraiche. A gauche, une maison abandonnee. Les herbes l ont depuis longtemps envahies et il nous est impossible d y coucher nos matelas. Juste a cote, un trou, une sorte de cave a ciel ouvert, un peu sale mais qui pourrait eventuellement faire l affaire. Mais nous sommes encore trop pres de la route, nous nous ferons remarquer, il faut trouver mieux. Dans une demi-heure, il fera nuit. A droite un chemin tortueux doit mener a un village. C est notre ultime chance. Le routin est sinueux mais nous m apercevons pas de village. Je (Alexis) pars en eclaireur pendant que Remi garde les sacs. Apres 300 metres, il y a une ferme sur la gauche, au bout d un chemin. Je decide de continuer tout droit. S il faut demander l hospitalite, nous serons mieux compris a deux avec nos sacs plutot que seul, les mains dans les poches. Plus loin, j apercois les cloches d une eglise. J ai bon espoir. C est 500 metres plus loin. J inspecte les lieux. L eglise est fermee et le cimetiere est un endroit glauque dans lequel nous avons quelques refus a nous imaginer coucher. Mais cette cabane la bas, a droite de l eglise. Je la contourne et essaie d entrevoir a travers les volets fatigues son utilite. Je glisse ma lame de couteau pour tenter de les ouvrir mais le crochet resiste. Je tente d ouvrir la porte qui, par chance, n est pas fermee. Dans la cabane, quelques outils de jardinage, 2 bancs en bois et 3 bouteilles de vodka vides. Le sol est poussiereux mais l endroit est assez grand pour que nous puissions y etendre nos deux matelas. L endroit semble calme et nous serons proteges du vent. Je cours chercher Remi. Il m attend toujours. Nous reprenons le chemin qui mene a l eglise. Je prefere patienter quelques temps dans le cimetiere, manger et occuper les lieux si personne ne nous voit. Une voiture arrive. Son conducteur tourne a droite, descend du vehicule et entre dans le cimetiere dont il a les cles. Nous nous asseyons sur nos sacs, bien en vue. Apres 5 minutes, il ressort et fait marche arriere. Nous sommes persuades qu il va s arreter a notre hauteur puisque deux marcheurs perdus dans ce village a la nuit tombante ont forcement besoin d aide. Et non, il file. Je l arrete. Je lui demande ou nous pouvons passer la nuit. Bien sur je ne comprends rien a sa reponse. Il ressemble a Richard Boringher avec sa grosse voix et son regard noir plante sous un vieux bob. Apres deux minutes de palabres ou nous n avons strictement rien compris, a part que ce n est pas chez lui que nous serons invite a passer la nuit, nous le remercions pour qu il reparte. Il redemarre et s arrete deux metres plus haut. Il descend de sa voiture et se dirige vers la cabane qu il semble connaître. Il nous indique qu ici nous pouvons dormir, exactement ce que nous voulions. Il legitime notre demarhe en nous proposant lui-même d y passer la nuit. Il repart enfin vers sa voiture mais nous l apercevons passer un coup de telephone. Enfin il est parti.

 

Nous investissons les lieux, la nuit et le froid sont tombes.  Remi deballe son sac alors que je m assieds en essayant de comprendre pourquoi l homme a telephone si rapidement. Je pense qu il a contacte la police, je ne suis pas tranquille.

 

Dix minutes passent et soudain un vehicule s arrete. Je regarde Remi et je lui chuchotte ‘c est pour nous’. Dehors, des hommes, nous ne savons pas combien, hurlent en notre direction. J ouvre la porte et apercois en contrebas de la cabane 3 hommes, 3 armoires a glace nous pointer du doigt. Ils s approchent de nous, leur regard est noir, plein de haine. Qui sont ces fous? Des nettoyeurs ? Que vont-ils faire ? nous frapper ?, pire, nous depouiller ? Ca y est, c est sur, ce soir l aventure s arrete, tout ce chemin parcouru pour se faire mettre a nu au Montenegro ? Voila l aventure que nous sommes venus chercher, nous pouvons etre fiers de nous, pauvres imbeciles que nous sommes…

 

De leurs grosses maines ils nous agrippent et nous foutent dehors. Que faire ? Nous defendre ? C’ est impossible, ce sont des colosses et ils sont trois. A l’interieur, toutes nos affaires. Nous tentons de les recuperer et de nous barrer mais notre depart ne les satisfait pas, ils veulent savoir, nous posent des questions, ne nous lachent pas… Nous ne comprenons rien et aucun d eux ne parle anglais. « Papir, papir ». Ils reclament notre passport mais nous refusons, seule la police obtiendra cette autorisation et visiblement ils n en sont pas. Le plus grans des trois, un vrai goliath porte un treillis militaire et arbore fierement deux chicots et un regard idiot. De sa grosse patte, il arrache la lampe de poche des mains de Remi et la met dans sa voiture. Il fouille Remi mais ne s empare pas de son appareil photo, il cherche une arme que nous n avons pas. Celui qui dirige la manœuvre me fait les poches a la recherche de mon passport. Il sort un papier qu il regarde attentivement a la lueur des phares de sa voiture. Sauves, c est le numero de notre contact a Niksic, je lui demande aussitôt de l appeler. La conversation dure quelques minutes mais il leve le pouce, en signe de comprehension. Nous allons pouvoir rester dans la cabane pour la nuit. Les 3 hommes deviennent comprehensifs et s excusent. Ils nous proposent meme d aller manger mais nous preferons reprendre tranquillement nos esprits. Nous apprendrons demain qu ils nous ont pris pour des terroristes… la frontiere de la Bosnie toute proche rend ici les villageois paranoïaques.

 

Les piles de la lampe restituee faiblissent Nous nous couchons a 19h50 pour 11 heures de sommeil.

 

Publié dans Serbie-Montenegro

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P
dur dur la rencontre avec les nettoyeurs monténégrains !
Vous avez du flipper.
Bon tout est bien qui finit bien mais méf quand même !!!

Pierre
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J
salut les gars aparemment ct cho pr vs mais heureusement tt c bien fini.Bon courage a vs et surtt prudenc..tchao
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O
super interessant mais flippant.

bcp de chose à lire mais c'est passionant
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