Bienvenue sur le blog de CapAsia !
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Que vous veniez de tous les endroits de la planète, vous allez découvrir l'univers captivant du monde de CapAsia, récemment imaginé à Angers, dans l'ouest de la France, par Alexis et Rémi.
A 21 ans, nous allons emprunter les mythiques sentiers de la Soie, jusqu'à Pékin, de septembre 05 à juillet 06.
Nous décrirons ici notre périple : itinéraires, récits, photos, moments de galère...bref nous voulons vous faire vivre notre aventure "en direct live"!
N'hésitez pas à poser des questions, poster des commentaires, des messages de soutien, on prend TOUT !!!
Bon voyage et à très bientôt !
Dimanche 16 octobre
Nous quittons nos amis et partons en direction du Montenegro. Les gens se sentent membres d une entite, de la Serbie ou du Montenegro mais la Serbie-Montenegro ne represente rien a leur yeux. Certaines personnes se vexent meme, on nous met en garde. Nous avons un contact a Niksic, elle nous a reserve une chambre pres de la faculte pour demain soir. Ce soir, nous aviserons puisque nous tenons a effectuer tout le trajet a pied. La frontier est a 8 km, mous y sommes vers 10h. 2 douaniers, puis 3, ouis 6 nous entourent, nous questionnent, nous observent. La sortie du territoire bosniaque a ete facile mais l entrée au Montenegro est une autre paire de manches. On ne comprend rien a leurs questions, nous nous contentons de leur dire que nous allons a Niksic a pied ou nous avons un contact. Le nom de Djukanovic, notre contact fait son effet, nous pouvons passer, apres avoir presente une carte bleue, expiree, et 60 dollars. Mais qui est donc cette Madame Djukanovic pour que tout le monde la connaisse.
La route est sinueuse, nous traversons des villages authentiques, nous les appelons les villages d Asterix. Les hommes et les enfants font du bois en prevision de l hiver. Nous sommes surpris de voir avec quelle dexterite les gamins manient la hache des le plus jeune age.
Apres 5 km dans le territoire, un vehicule de police s arrete a notre hauteur. Passport. Les deux policiers les examinent longuement et s arretent sur les visas turkmenes et pakistanais. Ils nous regardent bizaremment mais pensent que nous avons deja visite ces pays. Nous n avons donc pas a leur dire que nous partons sur la route de la soie. Je cherche a planquer la plaque d immatriculation croate que nous avons ramassee sur la route, elle pourrait nous poser des soucis. La encore le nom de Djukanovic est un bon passe-droit. Apres 20 minutes d arret, nous pouvons reprendre la route.
Il n y a rien pour dormir avant Niksic, a 35 km, mais nous le savions. Comment etre inquiets puisque la guerre a laisse derriere elle des dizaines de maisons abandonnees ou nous pourrons loger. A Vilusi, nous rejoignons la route nationale. Les maisons abandonnees sont deja moins nombreuses et le temps se refroidit. Ce soir il faudra bifurquer vers un village pour trouver un toit ou demander l hospitalite. Cela ne devrait pas poser trop de problemes, nous avons tout l equipement pour dormir. Vers 16h nous croisons une station service dans laquelle nous faisons le plein d eau, en esperant qu elle soit potable. Pour manger ce soir, nous avons des restes et des conserves ainsi qu un bon morceau de pain. Vers 17h, nous commencons a chercher un refuge pour passer la nuit qui promet, a cette altitude, d etre fraiche. A gauche, une maison abandonnee. Les herbes l ont depuis longtemps envahies et il nous est impossible d y coucher nos matelas. Juste a cote, un trou, une sorte de cave a ciel ouvert, un peu sale mais qui pourrait eventuellement faire l affaire. Mais nous sommes encore trop pres de la route, nous nous ferons remarquer, il faut trouver mieux. Dans une demi-heure, il fera nuit. A droite un chemin tortueux doit mener a un village. C est notre ultime chance. Le routin est sinueux mais nous m apercevons pas de village. Je (Alexis) pars en eclaireur pendant que Remi garde les sacs. Apres 300 metres, il y a une ferme sur la gauche, au bout d un chemin. Je decide de continuer tout droit. S il faut demander l hospitalite, nous serons mieux compris a deux avec nos sacs plutot que seul, les mains dans les poches. Plus loin, j apercois les cloches d une eglise. J ai bon espoir. C est 500 metres plus loin. J inspecte les lieux. L eglise est fermee et le cimetiere est un endroit glauque dans lequel nous avons quelques refus a nous imaginer coucher. Mais cette cabane la bas, a droite de l eglise. Je la contourne et essaie d entrevoir a travers les volets fatigues son utilite. Je glisse ma lame de couteau pour tenter de les ouvrir mais le crochet resiste. Je tente d ouvrir la porte qui, par chance, n est pas fermee. Dans la cabane, quelques outils de jardinage, 2 bancs en bois et 3 bouteilles de vodka vides. Le sol est poussiereux mais l endroit est assez grand pour que nous puissions y etendre nos deux matelas. L endroit semble calme et nous serons proteges du vent. Je cours chercher Remi. Il m attend toujours. Nous reprenons le chemin qui mene a l eglise. Je prefere patienter quelques temps dans le cimetiere, manger et occuper les lieux si personne ne nous voit. Une voiture arrive. Son conducteur tourne a droite, descend du vehicule et entre dans le cimetiere dont il a les cles. Nous nous asseyons sur nos sacs, bien en vue. Apres 5 minutes, il ressort et fait marche arriere. Nous sommes persuades qu il va s arreter a notre hauteur puisque deux marcheurs perdus dans ce village a la nuit tombante ont forcement besoin d aide. Et non, il file. Je l arrete. Je lui demande ou nous pouvons passer la nuit. Bien sur je ne comprends rien a sa reponse. Il ressemble a Richard Boringher avec sa grosse voix et son regard noir plante sous un vieux bob. Apres deux minutes de palabres ou nous n avons strictement rien compris, a part que ce n est pas chez lui que nous serons invite a passer la nuit, nous le remercions pour qu il reparte. Il redemarre et s arrete deux metres plus haut. Il descend de sa voiture et se dirige vers la cabane qu il semble connaître. Il nous indique qu ici nous pouvons dormir, exactement ce que nous voulions. Il legitime notre demarhe en nous proposant lui-même d y passer la nuit. Il repart enfin vers sa voiture mais nous l apercevons passer un coup de telephone. Enfin il est parti.
Nous investissons les lieux, la nuit et le froid sont tombes. Remi deballe son sac alors que je m assieds en essayant de comprendre pourquoi l homme a telephone si rapidement. Je pense qu il a contacte la police, je ne suis pas tranquille.
Dix minutes passent et soudain un vehicule s arrete. Je regarde Remi et je lui chuchotte ‘c est pour nous’. Dehors, des hommes, nous ne savons pas combien, hurlent en notre direction. J ouvre la porte et apercois en contrebas de la cabane 3 hommes, 3 armoires a glace nous pointer du doigt. Ils s approchent de nous, leur regard est noir, plein de haine. Qui sont ces fous? Des nettoyeurs ? Que vont-ils faire ? nous frapper ?, pire, nous depouiller ? Ca y est, c est sur, ce soir l aventure s arrete, tout ce chemin parcouru pour se faire mettre a nu au Montenegro ? Voila l aventure que nous sommes venus chercher, nous pouvons etre fiers de nous, pauvres imbeciles que nous sommes…
De leurs grosses maines ils nous agrippent et nous foutent dehors. Que faire ? Nous defendre ? C’ est impossible, ce sont des colosses et ils sont trois. A l’interieur, toutes nos affaires. Nous tentons de les recuperer et de nous barrer mais notre depart ne les satisfait pas, ils veulent savoir, nous posent des questions, ne nous lachent pas… Nous ne comprenons rien et aucun d eux ne parle anglais. « Papir, papir ». Ils reclament notre passport mais nous refusons, seule la police obtiendra cette autorisation et visiblement ils n en sont pas. Le plus grans des trois, un vrai goliath porte un treillis militaire et arbore fierement deux chicots et un regard idiot. De sa grosse patte, il arrache la lampe de poche des mains de Remi et la met dans sa voiture. Il fouille Remi mais ne s empare pas de son appareil photo, il cherche une arme que nous n avons pas. Celui qui dirige la manœuvre me fait les poches a la recherche de mon passport. Il sort un papier qu il regarde attentivement a la lueur des phares de sa voiture. Sauves, c est le numero de notre contact a Niksic, je lui demande aussitôt de l appeler. La conversation dure quelques minutes mais il leve le pouce, en signe de comprehension. Nous allons pouvoir rester dans la cabane pour la nuit. Les 3 hommes deviennent comprehensifs et s excusent. Ils nous proposent meme d aller manger mais nous preferons reprendre tranquillement nos esprits. Nous apprendrons demain qu ils nous ont pris pour des terroristes… la frontiere de la Bosnie toute proche rend ici les villageois paranoïaques.
Les piles de la lampe restituee faiblissent Nous nous couchons a 19h50 pour 11 heures de sommeil.
Lundi 17 octobre
Nous nous reveillons a 7h20, notre heure habituelle finalement. La mesaventure de la veille est oubliee. Nous devons nous mettre en jambes en direction de Niksic, ou nous sommes attendus le soir. Nous pourrons enfin mettre un visage sur cette personne qui nous a sauve deux fois la mise la veille.
Remi a mal au dos ce matin. Mais il sert les dents pour suivre le bon rythme imprime devant par Alexis. Apres pres de 30 km de marche parmi des paysages magnifiques et par temps tres agreable pour marcher (20*C environ), nous apercevons la ville, entouree de lacs et de montagnes. L'apercevoir est une chose, y rentrer une autre : les 3 derniers kilometres sont eprouvants au bord de cette ligne droite qui n'en finit pas...
Mais le moment tant attendu arrive enfin : poser son sac dans la chambre et s'entretenir quelques minutes avec notre "sauveuse". C'est la doyenne de l'universite de Niksic, amie d'un journaliste esperantiste de Belgrade, tres respectee dans la ville. Autour d'un bon plat servi a l'hotel, nous comprenons que nous serons ses hotes le temps de notre passage a Niksic.
Mardi 18 octobre
Quel accueil ! Tout le corps enseignant de la faculte de philosophie de Niksic se rend disponible pour nous, notamment Yasmina, qui parle tres bien notre langue. Elle est professeur de francais ici. nous prenons place dans la salle informatique, qui comporte...2 ordinateurs ! Les locaux de la fac sont bien differents des notres. Plus ancients, ils n'offrent pas tout le confort que l'on peut trouver en France.
Remi file ensuite a la banque, ou il se demene pour eviter les frais de change. C'est peine perdue, meme apres avoir visite 3 banques concurrentes.
Rapide courses dans un supermarche, qui merite le detour : les neons, faiblards, donnent une triste mine a ce lieu ou nous avons plutot l'habitude en France d'y voir lumieres blanches eclatantes et guirlandes promotionelles en tout genre.
A 14h, Milana nous attend a la reception de l'hotel pour une visite de la ville. Surprise, elle est accompagnee de deux journalistes et un photographe. Nous sommes sous les projecteurs pendant une bonne heure ! En fin de journee, nous visitons le monastere, orthodoxe, de Niksic. Nous profitons aussi de notre temps libre pour appeler nos familles, la premiere fois depuis 5 semaines !
Le soir, nous degustons des spaghettis bolognaises, les meilleures jamais mangees a ce jour. Les italiens n'ont qu'a bien se tenir ! Nous nous couchons assez tot, demain nous attend une nouvelle marche vers le monastere de Ostrog, repute dans toute l'ex-Yougoslavie pour les miracles accompli par le patriarche San Vassiliu
Mercredi 19 octobre
Nous levons le camp assez tard finalement. Nous avons consacre notre matinee a collecter des infos sur l'Albanie, notre prochain pays, qui souffre d'une mauvaise image en Europe pour les voyageurs.
A 14h, nous partons enfin. Nous sommes alors frappes de constater qu'apres seulement 30 minutes de marche depuis le centre de la ville, nous nous retrouvons en rase campagne. On se surprend meme a voir un wagon rouille dans un jardin prive. Comment a-t-il pu arriver la ! Les routes sont accidentees et le chariot souffre des nombreux nids de poules qui deforment la chaussee.
Le temps se gate, mais reste suffisant pour marcher en t-shirt. Apres 4h30 de marche, notre arrivee au monastere est remarquee. En effet, une dame vient a nous et agite une coupure de journal. Elle nous a reconnu grace a l'article paru dedans ce matin. Nous eclatons de rire en voyant nos tetes, la situation est tellement inhabituelle : imaginez un jour lire votre nom dans un journal montenegrin !
Nous dormons ce soir dans une salle annexe au monastere. Dedans y sont rangees des milliers de couvertures et d'oreillers qui servent l'ete a satisfaire les centaines de milliers de pelerins qui viennent se receuillir dans cet edifice. Impressionnant !
En cette saison, il y a moins de monde. dans la "chambre", seulement Vlada nous tiendra compagnie. Nous discutons en anglais quelaues temps avant qu'il ne se couche. Nous ne pouvons pas dormir sans avoir auparavant manger un peu : nous faisons rechauffer les fayots a la lueur des bougies.
Lundi 24 octobre (suite)
En fin d'apres-midi donc, Gansi nous monte en voiture a la frontiere albanaise. Nous nous sentons rassures devant les douaniers avec une personne qui parle leur langue.
Alors que nous patientons pour nous faire enregistrer, une femme, nous entendant parler francais sans doute, nous adresse la parole. Il s'agit de l'attachee adjointe de la delegation belge en Albanie. Nous sommes decidemment vernis : nous abordions ce pays sans reels contacts, nous voila avec la carte de visite d'un corps diplomatique, que nous pouvons joindre a tout moment. Le passage de la douane se fait sans souci.
Il est bientot 18h. Il nous faut prendre un taxi pour rallier la premiere ville : SHKRODER. Le chauffeur nous fait bien marrer. Tres sympa, il nous depose devant un hotel, dans le centre de la ville. Le receptionniste nous propose 3 categories de chambres. Nous prenons la premiere, qui n'offre ni douche ni toilettes dans la chambre. Les toilettes fuient, et la douche est en fait inutilisable. Mais les draps sont propres, et c'est bien la l'essentiel. Pour 1000 leke (8 euros) la nuit pour deux, on saura se passer de confort.
19h20. Nous entendons l'appel a la priere depuis le minaret que nous apercevons de notre fenetre. Les albanais sont musulmans.
C'est le moment que nous choisissons pour sortir dans les rues de la ville. Celles-ci sont defoncees, tout comme les trottoirs. Le sol, depourvu d'asphalte, est gras, encore detrempe de la derniere pluie. L'environnement sonore est assez delirant : les hommes, aux terrasses animees des cafes-resto, parlent fort en fumant leur cigarette. Nous sommes berces par le son des generateurs qui alimentent les epiceries encore ouvertes a cette heure tardive. L'eclairage de la ville est pauvre en dehors des deux plus grands axes de Shkroder. Certains quartiers ou nous passons semblent, eux, oublies, sans vie.
L'air que nous respirons est pollue par une circulation dense : un nombre incalculable de vieilles Mercedes cotoient bicyclettes et autres mobylettes. Nous croisons beaucoup de velos aussi. Les klaxons se font entendre mais rarement ne doit se produire d'accident.
Nous rentrons a l'hotel avec l'intention le lendemain de decouvrir plus en detail cette ville albanaise de 50 000 habitants pour le moins suprenante.
Vendredi 14 octobre
Enfin nous reprenons la
Samedi 15 octobre
Nous quittons la famille a 8h15 en direction de Bileca, une ville proche de la frontiere du , a 36 km. Il ne faut pas trainer, la route est longue et difficile. Nous sommes partis sans pain ce matin et, avant Bileca, notre carte n indique que deux villages. Nous n avons pas pris de petit dejeuner et la journee s annonce difficile si nous ne cassons pas la croute ce midi. Et ce vent glacial qui nous fouette le visage…
Les villages que nous traversons sont completement paumes au milieu de nulle part. Ici les gens font leur pain eux-memes mais, a proximite de la frontiere, on reste distant avec les etrangers. Nous devons continuer. Au deuxieme village nous reussissons a acheter un pain dans un restaurant ou un mouton tourne sur la broche. Pour un peu, nous nous serions arreter mais il nous faut avancer. Un peu plus loin nous croisons une dame qui sort d un potager avec de belles figues et de grosses tomates, qu on appelle ici paradise, bien appetissantes. Nous la saluons et essayons de lui faire comprendre que nous aimerions lui en acheter. Elle refuse d etre payee et nous offre trois tomates, des figues et des gateaux serbes en forme de lune parsemes de sucre glace. Elle nous explique qu elle se rend au
Nous avons
Nous arrivons vers 16h a Bileca. Nous nous arretons dans un restaurant ou nous rencontrons Njagosh, un serbe ne a
Mercredi 5 octobre
l'objectif du jour est ambitieux : franchir deux frontieres aujourd'hui. c'est donc tot que nous nous levons les voiles de chez Danilo, vers 8h.
La frontiere slovene est a 8 km. Nous marchons d'un pas sur et motive. Nous arrivons a la douane. Petite montee d'adrenaline, c'est la premiere d'une longue serie. C'est sans encombre que nous passons la barriere. Les policiers font leur travail, pas un sourire, meme pas un tampon sur le passeport. nous tracons donc notre chemin.
La pluie est au rendez-vous. Nous enfilons coupe-vent et bachons le chariot. Une petit intemperie ne nous arretera pas pour marcher. Nous ne sommes pas gates mais ne nous decourageons pas. Nous sommes determines coute que coute a dormir en Croatie ce soir. Mettre un pied devant l'autre, c'est tout ce qu'il faut faire. Perdus dans nos pensees, le silence se fait. Nous nous relayons pour tirer "la mule" tous les 1 ou 2 km.
A midi, alors que nous voulions achetes du pain dans un petit village, nous faisons une rencontre extraordinaire : une femme vient a notre rencontre et nous invite a venir manger chez elle. Nous nous souviendrons longtemps de ces tagliatelles a la carbonara accompagnees d'un the au citron brulant !
Nous repartons gaves, prets a aborder un nouveau pays. Il n'y a en effet que 20 km a faire en Slovenie avant de se retrouver en Croatie. Le temps passe. Poser un pied devant l'autre, toujours. ca parait facile, mais quelques fois c'est dur, surtout quand un mal de dos vous prend subitement. C'est ce qui arriva a Remi 5 km avant la frontiere croate. Heureusement que l'un est toujours present pour tirer le chariot et avancer !
Ouf ! la frontiere n'est plus qu'a 300 metres. Le but est proche. Une nouvelle poussee d'adrenaline stimule l'organisme et nous aide a terminer cette marche. Nous nous presentons au douanier. Ces premiers mots ne sont pas "Bonjour" mais "how much money do you have?" . Charmant comme accueil, n'est-pas? Nous devons montrer pattes blanches et rester 20 bonnes minutes aupres de lui avant de pouvoir monter dans un bus qui nous menera qu premier hotel.
C'est notre premiere grosse etape de marche. Et ca se sent car nous sommes fatigues le soir. Les pieds aussi ont droit a leurs premieres ampoules...c'est prometteur pour la suite !
Jeudi 6 octobre
Nous quittons l'hotel vers 9 h avec l'intention de marcher encore aujourd'hui. Au moins 25 km, ca serait bien !
Nous en faisons une bonne dizaine le matin avant de nous arreter dans un petit village croate. Nous y achetons pommes et bananes a un camion de ravitaillement. Une dame nous offre un pain. quelle gentillesse ! Surtout que le pain est la base de nos repas.
Nous repartons apres un bon dejeuner. La pluie est menacante. Elle fait finalement son apparition en milieu d'apres-midi. mais curieusement, nous avons l'impression d'avancer plus vite ! Les maux de dos nous ralentissent toutefois, nous imposant des arrets tous les 3 km environ. La route n'est pas ideale pour marcher. Les paysages sont embrumes. Mais parfois, sans raison, nous sommes epris d'un sentiment de plenitude, de liberte, qui nous aide a avancer a un bon rythme toutefois.
Il est 17h passe. Nous devons finir en stop notre etape pour ne pas nous faire pieger par la nuit. Au bout de 30 minutes, ca marche enfin. Nous atterrissons alors dans un village et allons tester pour la premiere fois les chambres d'hotes croates, nombreuses le long des routes dans ce pays.
La maison que nous avons choisie est grande. Y vivent grands-parents, parents et petits-enfants. C'est courant en Croatie. La pettie fille parle anglais. Les autres non mais nous comprenons quelques mots : bonsoir ="dobre veccer", merci="hvala". Ils sont tres aimables et nous autorisent a faire cuire des pates dans leur cuisine. le grand-pere nous offre meme le digestif!
Vendredi 7 octobre :
Apres un rapide petit dejeuner, nous partons de VOZILLICI avec comme intention de prendre un ferry qui nous emmenera sur l'ile de CRES. Les jambes sont legeres aujourd'hui. Nous montons sans trop de difficultes les pentes a 5-6 ÷. Nous longeons la cote croate et avons une vue plongeante sur la mer Adriatique. Il fait gris mais les paysages sont magnifiques. Ils doivent l'etre encore plus par beau temps.
A 2 km du port, alors que nous prenons une pose, une voiture nous depasse et s'arrete. Coup de chance, c'est un jeune francais en vacances en Croatie. Pascal nous propose de nous alleger d'un sac. Nous acceptons. Nous partagerons une ratatouille ensemble ce midi. La traversee se fait sans souci. 10 minutes seulement. Le probleme vient ensuite : le port de l'autre cote est minuscule est nous devons parcourir 25 km de plus pour trouver ou dormir. En plus des 13 de ce matin, ca ferait 38! Pas le choix il faut y aller !
Sur le chemin, une personne nous propose de nous prendre. Nous refusons : nous tenons a franchir notre 100e km en 3 jours a pied!
Il est 18h, la nuit tombe. Il faut sortir la lampe frontale pour se signaler aux voitures en sens inverse. Nous sommes fatigues, les pieds hurlent mais il ne reste plus que 5 km a parcourir. Courage! mais qu'ils sont longs ces kilometres! Nous voyons deja pourtant les lumieres de la ville. Mais n'ont pas l'air de se rapprocher au fur et a mesure qu'on avance! Remi commence a s'enerver, la fatigue sans doute.
dans la ville, nous ne cherchons pas a aller plus loin que la premiere chambre d'hotes: Nous sommes lessives par cette etape de 38 km et nous ecroulons sur nos lits. Un repos demain ne serait pas de refus apres ces 120 bornes en 3 jours.
