Bienvenue sur le blog de CapAsia !


 

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Bienvenue !

Que vous veniez de tous les endroits de la planète, vous allez découvrir l'univers captivant du monde de  CapAsia, récemment imaginé à Angers, dans l'ouest de la France, par Alexis et Rémi.

A 21 ans, nous allons emprunter les mythiques sentiers de la Soie, jusqu'à Pékin, de septembre 05 à juillet 06.

Nous décrirons ici notre périple : itinéraires, récits, photos, moments de galère...bref nous voulons vous faire vivre notre aventure "en direct live"!

N'hésitez pas à  poser des questions, poster des  commentaires,  des messages de soutien,  on prend TOUT !!!

Bon voyage et à très bientôt !
 
Lundi 7 novembre 2005

Samedi 29 octobre

 

 

Aujourd hui nous devons rejoindre Korçë a 33 km. Nous sommes prêts a 7h30 mais notre hote nous invite a casser la croûte pour prendre des forces. Et quelle croûte… du cassoulet bien gras. Forcement, ça tient au corps et la marche ce matin est plutôt rapide. Comme tous les jours en Albanie, les bords de route sont des lieux de vie avec des vendeurs de légumes, de fruits, des bergers et ce matin de nombreux gamins puisque c est le week end. De partout ils surgissent quand nous sortons l appareil photo. Ici quand nous photographions les gens, ils nous remercient. Plus loin c est un père et ses deux garçons que nous croisons. Nous leur offrons des Stoptou, ces bonbons a la réglisse qui nous accompagnent depuis le départ. Les gamins s en sortent bien mais le père ne parvient pas à décoller le papier. Tant pis, il met le tout dans la bouche ce qui nous vaut un beau fou rire.

 

Le soir nous dormons au dessus d une station service, chez un pompiste “du cru”: barbe de trois jours, gros pull en laine dans le pantalon et belles dents jaunes mais toujours d une vraie amabilité. La ville est assez grande et nous y dénichons un cyber café mais pour peut de temps puisque l électricité coupe d un coup. Dans la ville, les générateurs s allument un a un, dans un beau boucan d enfer.

 

par CapAsia publié dans : Albanie
Lundi 7 novembre 2005

Dimanche 30 octobre

 

 

Ce matin l objectif est le passage en Grèce a pied, comme toutes les frontières depuis notre départ, excepte celle de l Italie, mais peut on parler de frontière?

 

Apres 1 km, Remi ne peut plus poser un pied devant l autre. Cela fait des jours qui l traîne la patte le matin mais aujourd’hui la douleur est trop forte, il faut se rendre a l évidence, il est blesse. Il prend donc un bus pour se rendre dans la dernière ville ou il m attendra pendant que je fais la liaison de 25 km a pied. Je comptais bien casser la croûte vers 12h et me réchauffer d un vent glacial de face mais sur cette route, pas une auberge en vue, pas même un mini-market de station service. C est encore une fois grâce a la generosite des albanais, des marchands de pommes en l occurrence, que j arrive a grignoter avant d arriver a Korçë a 13h. Nous dépensons nos derniers leks dans quelques courses puis nous marchons pendant 8 km jusqu a la frontière.

 

La frontière entre l Albanie et la Grèce est la plus impressionnante que nous ayons vue : ils sont des centaines a attendre dans le sens Albanie-Grece, passport a la main. Un homme qui m avait offert un thé a Korçë est la et il nous indique ou passer. Avec nos cheveux blonds, nous sommes vite repères et nos passport tamponnes a la hâte, devant les albanais qui ne manifestent pas d animosité.

 

Nous avons refuse l aide des taxis et nous marchons en direction de la première ville ou nous voulons passer la nuit. Une automobiliste s arrête et insiste pour nous prendre dans sa voiture. Elle s appelle Anne, est d origine albanaise mais vit en Grèce. Elle est fan d’Edith Piaf (a sa demande j interprète L’Hymne a l’amour dont j invente les paroles) et de Mireille Mathieu dont nous ne connaissons rien. Heureusement que nous avons accepte de monter a bord puisque la première ville est Kastoria a 25 km. Entre temps, nous sommes contrôles par l armée qui nous fait, il faut le dire, bien chier pendant plus d une demi-heure. Nos papiers ne sont pas en regle puisque le douanier albanais a écrit notre date de sortir du territoire a la main plutot que d’utiliser un tampon. Et le douanier grec n a pas tamponne nos passeports. Nous devons faire marche arrière et retourner a la douane albanaise. Non mais ça va pas ? Nous refusons catégoriquement, ils peuvent toujours attendre. Nous sommes européens, il n y a donc pas de raison que notre passport soit tamponne en Grèce et le douanier albanais, ils n ont qu a l appeler, nous on ne bouge pas. Un autre flic est venu en renfort, ils sont maintenant 4 dont un seul parle anglais et encore… Et la pauvre Anne qui a encore 5 heures de route qui est accusée de faire rentrer des clandestins… On rêve…

 

Un des militaires veut fouiller nos sacs avant de nous laisser partir, conscients qu’ils sont vraiment dans un gros délire. Je suis excède, je sors mon sac de la bagnole, l ouvre et le jette a terre… Vas-y, fouille le, trouve-y de la drogue et des armes et embarque-nous ! Mais n oublie pas de le ranger après. Ce genre de comportement provocateur offre souvent deux issues : soit le militaire se vexe et en rajoute une couche, soit, trop fainéant pour fouiller lui-même le sac, il se ravise et nous laisse partir. C est la seconde possibilité qui l emporte cette fois, heureusement. Nous pouvons continuer notre route. Kastoria est une ville importante, magnifique, située au bord d un lac, ses maisons s y reflètent joliment. Une dernière frayeur pour ce soir : en cherchant un hôtel, Anne, qui vient juste de passer son permis a 30 ans et qui, il faut bien le dire est un vrai danger publique, coupe la voie de gauche devant une voiture. Assis à la place du mort, je crie STOP, STOP ! Elle s arrête enfin, il était moins une.

 

 

Lundi 31 octobre

 

 

Ce matin, Remi part de bonne heure a l hôpital pour passer une radio. Le verdict est attendu, c est une tendinite. Coup dur ! Economiquement, la meilleure chose a faire est de rejoindre Athènes en bus et de se reposer quelques jours chez Aurélie, une amie de l école qui étudie pendant 4 mois et qui nous propose de passer quelques jours dans l appartement qu elle partage avec deux colloques. Je continuerai seul pendant quelques jours avant de les rejoindre. Dans une petite boutique, je m équipe d une tente une place légère et bon marche. Je passe la première nuit dans un champ de mais récemment ensile alors que Remi arrive a Athènes dans la nuit, après 9 heures de bus.

 

 

 

Mardi 1 novembre

 

 

Remi passe sa journée à actualiser le site Internet pendant que j effectue une journne de marche moralement fatigante de 40 km. Le nord de la Grèce est sous-peuplé, avec un relief très prononce et des champs a perte de vue. C est le pays des moutons et des chiens qui vont avec. Il y a de nombreux chemins de traverses agréables que je pourrais emprunte pour gagner du temps mais je dois y renoncer après deux tentatives. Dans les deux cas, des chiens féroces m ont barre la route en montrant les crocs. Ces chiens descendent des loups qui vivent encore dans la région et qu ils attaquent désormais s ils pointent leur gueule. Heureusement, les bergers ne sont jamais bien loin et je m en sors entier. Je passe la nuit près d un trou d eau, réveille fréquemment et surtout terrorise a l idée d être déniche par des chiens.

 

 

Mercredi 2 novembre

 

 

Journée Internet pour Remi, encore aujourd’hui. Il y a du boulot ! Je fais une grosse journée de marche, réveille a 6h15 par le froid. Il a gelé pendant la nuit ! Apres 48 km de marche, un village est en vue mais je dois d abord franchir un court d eau. Avec mon cas de 18 kg, je dois opérer en deux fois. Premièrement, lancer mon sac, puis passer. Merde ! J ai bien lance le sac assez fort mais il retombe dans l eau ! Je me précipite pour le récupérer mais trop tard, le sac de couchage est trempe ! Etat d urgence, dans une heure il fait nuit, j ai intérêt a trouver quelqu un prêt a m héberger dans le village. Pas de pot ! Ici personne ne parle anglais et malgré mes mimes et mon désespoir, personne ne semble dispose a m accueillir : « hôtel, hôtel, 10 kilomètres, taxi, taxi ». Même le pater, le prêtre du village ne m ouvre pas les portes de son église, je suis énerve, trempe, j en veux a toute la terre. Je ne fais pas du stop, je me fous en travers de la route et arrête la premier bagnole, déjà pleine. Le chauffeur, conciliant, m invite a monter et me dépose dans le seul hôtel de Deskati.

 

 

Jeudi 3 novembre

 

 

J ai fais 100 km en 2 jours et demi de marche et il me tarde d aller a Athènes. Ce matin, je n ai pas de motivation, pas envie d aller me faire bouffer par des chiens, pas envie de traverser des villages de vieux qui me dévisagent, pas envie… et en plus il pleut. Je prends un bus qui va m emmener directement a Athènes ou j espère passer quelques jours reposant. Pendant ce temps, Remi, notre informaticien, est toujours devant un PC.

 

 

Vendredi 4 novembre

 

 

Aujourd hui nous profitons du beau temps pour visiter les monuments historiques d Athènes : l Acropole, le temple de Zeus, l Agora…

 

La ville est très méditerranéenne avec de jolies quartiers animes, des vendeurs de tout et de rien dans les rues, des odeurs de Gyros-Pita et des joueurs de cartes dans les bistrots enfumes.

 

 

Samedi 5 novembre

 

 

Aujourd’hui, c est jour de marche dans le quartier de Monastiraki. Les étals de poissons sont impressionnants, bien plus que ceux des bouchers et des fruits et légumes qui sont déjà bien fournis. Nous allons en profiter pour une petite cure de légumes, ça faisait longtemps. Du poisson a la poêle aussi, ça changera des éternelles boites de sardines (environ 25 depuis notre départ).

 

 

Dimanche 6 novembre

 

 

Nous voulons finir notre visite de la ville aujourd’hui. Nous commençons par le marche aux puces de Monastiraki puis nous assistons a l arrivée du marathon d Athènes sur la réplique du stade des jeux antiques construit pour les J.O. Un grand moment.

 

A 11 heures devant le parlement, c est la relève de la garde, en costume traditionnel. Les deux gardes, le regard fixe sur l horizon, sont imperturbables. Comme les touristes, nous prenons des photos.

 

Le soir nous prenons le metro en direction du Pirée, le port d Athènes ou l Olympiakos, la deuxième grande équipe de foot de la ville reçoit une équipe du championnat. L ambiance dans le stade est bien sympathique, très bonne esprit et le match se solde sur une victoire 2 a 0 de l Olympiakos de Rivaldo. Nous rentrons vers minuit pour occuper notre nouvelle demeure (après une semaine chez Aurélie, il a fallu « migrer »), notre tente montée sur la terrasse d un immeuble de la ville d ou nous pouvons admirer l Acropole.

 

par CapAsia publié dans : Grèce
Jeudi 3 novembre 2005

Jeudi 27 octobre

Nous desirons ce matin nous rendre a l'ambassade de France a Tirana pour lever toutes nos interrogations sur l'Albanie. Et nous faisons bien car nous y rencontrons le delegue a la defense qui nous confiera que nous ne courons aucun risque a nous rendre plus a l'est, dans les montagnes, ou les routes sont plus jolies pour marcher.

Nous ne manquons pas non plus de lui faire traduire un mot-sesame en albanais qui nous permettrait d'eviter les memes deconvenues qu'au Montenegro. Nous pouvons quitter en taxi collectif la capitale l'esprit tranquille, libere de tous ces doutes qui nous hantaient.

Prendre le taxi collectif en Albanie est une vraie experience : a peine se connaissent-ils qu'ils discutent fortement, partagent fruits et n'hesitent pas a s'arreter pour prendre un the et fumer une cigarette ensemble. Autant dire qu'il ne faut pas etre presse !

Arrives a Librazhd, le prix de la chambre d'hotel est trop eleve. Tres gentil, le chauffeur nous propose de nous deposer gratuitement a Prrenjas. Nous avions prevu de marcher pour rejoindre cette ville. Ca fait beaucoup de taxi aujourd'hui et les jambes nous demangent. Nous nous consolons le soir par une partie de football livree avec des jeunes albanais sur un terrain en synthetique flambant neuf. Tout le monde ici aime le foot et ca se voit : le restaurateur pompe toute l'energie du generateur pour eclairer le terrain par de puissants projecteurs. Du coup, il faut attendre la fin d'un match pour prendre une douche chaude !

 

Vendredi 28 octobre

Le reveil a 6h30 aujourd'hui est difficile ! Il faut s'arracher du lit ce matin. Un petit the au citron (delicieux!) pour nous rechauffer et c'est parti ! Nous entamons la marche par une cote a 10 pourcent. Le meilleur moyen de se mettre en jambes !

de nombreux taxis ralentissent a notre niveau. Ils semblent dire que nous sommes fous a vouloir grimper cette colline a pied. Mais rien y fait, notre objectif se trouve derriere celle-ci et nous sommes determines a l'atteindre en marchant de bout en bout. Sur le bord de la route, les laveurs de voitures nous encouragent. La cote est raide, enlacee mais nous avons de l'exercice et y arrivons a bout apres 1h15 d'ascension.

Le reste de la marche est agreable. Le long d'un lac, des marchands de poissons vendent ce qu'ils ont fraichement peche. Le temps est encore doux pour la saison. nous croisons de nombreux hotels-restaurants, dotes de plages prives. C'est sans doute ici que se rendent les plus riches albanais durant l'ete.

Nous traversons Pogradec vers 16h. Cette ville n'a pa du connaitre de travaux depuis 30 ans car toute la ville est en chantier. Chaque ouvrier arrete de travailler pour nous voir passer. C'est assez troublant !

Cette ville est en pleine effervescence ! Ca bouge de partout, c'est un vacarme permanent. Se rapprocherait-on de la Turquie ? En tout cas, nous n'avons pas l'intention de dormir dans ce boucan, plutot tracer en haut dans la colline au loin. Nous avons une bonne heure avant que la nuit tombe. Et puis ce message de l'ambassade de France qui mentionne que nous sommes des marcheurs qui visitons l'Albanie et que nous avons tout le necessaire pour dormir. Alors pourquoi ne pas tester l'hospitalite des albanais ce soir?

En haut de la cote (qui fut difficile mais faisable en se disant que c'est deja ca de moins a faire le lendemain), un restaurant. Pas d'hotel. Remi s'approche du gerant et lui tend le message. Le restaurateur, tout sourire, se precipite vers une salle et lui montre des canapes. "Sa cushton?" demande Remi. 0 leke. Nous sommes ses invites ce soir. Il nous payera egalement le diner. Nous pouvons egalement prendre une douche chaude. Merci l'ambassade de France !

 

par CapAsia publié dans : Albanie
Jeudi 3 novembre 2005

Mardi 25 octobre

Nous sommes reveilles a 7h30. Par la fenetre, qui donne sur l'immense rond-point central de la ville, nous entendons le brouhaha des voitures et des klaxons.

Le matin, nous achetons une carte de l'Albanie pour definir notre plan de route dans le pays. Nous devons telephoner aux esperantistes albanais aussi. Nous sommes ainsi surpris de devoir acheter des credits a une femme qui se tient pres des cabines pour telephoner. Drole de principe, mais tres repandu ici. Nous apercevons des cireurs de chaussures a chaque angle de rue. Des hommes qui changent impunement des euros contre des leke a un taux hallucinant devant les flics qui ne font que fumer tranquillement leur cigarette. Et malheureusement un pauvre morveux qui est envoye par sa mere pour mendier de l'argent.

Nous profitons de cette belle matinee ensoleillee pour visiter les ruines du chateau de Shkoder, a la sortie de la ville. Devant l'entree est poste un garde qui nous demande le double du prix car nous sommes etrangers. Il a du nous trouver sympathiques car nous ne payons que le tarif local : 100 leke (moins d'1 euro) par personne. Au retour, nous le retrouvons, dansant au son de son vieux transistor, eclate de se faire photgraphier !

Apres le dejeuner dans un petit resto pour trois fois rien, Alex se rend par curiosite dans une librairie. Nous y rencontrons un vieux Monsieur, ancien exploitant de tabac qui s'est rendu en France en 1970. D'un francais impeccable, il nous demande d'accepter son invitation dans un cafe ce soir a 18h. Le rdv est pris. 

Nous passons le reste de l'apres-midi a pecher sur le pont de la ville, en compagnie des gosses et hommes qui viennent quotidiennement ici pour vendre ensuite sur les marches leurs prises. Nous revenons bredouilles, moins chanceux qu'eux, moins bien equipes aussi.

A 18h, le Monsieur de la librairie nous emmene dans un des cafes les plus chics de la ville. Assis a la terrasse, eclairee par des lampions, servis par des garcons elegants, nous ne nous sentons plus l'atmosphere pesante des rues animees de la ville. Pendant 3h, il nous parla avec emotion de la France, nous montra des photos de Lyon et Paris il y a plus de 30 ans. Ses yeux petillent tant il est nostalgique de ce pays qu'il gardera dans son coeur toute sa vie.

Nous passons une soiree tranquille, nous preservant pour une nouvelle marche de 35 km le lendemain.

 

Mercredi 26 octobre

Le reveil sonne tot, 6h30. Nous voulons profiter de la fraicheur matinale pour marcher un maximum.

Notre sortie de la ville fait sensation : les voitures nous klaxonnent, les vieux deja assis aux terrasses des cafes balayent leur regard de droite a gauche pour voir passer deux fous tireurs de chariot, des gosses nous escortent en velo sur quelques metres.

A 8h30, il fait deja chaud. Nous tombons le sweat pour se mettre en t-shirt. Profitons aussi de cet arret pour rafistoler le chariot, fragilise par les trottoirs et chaussees defonces.

Pendant des heures, nous marchons sur le ruban d'asphalte en direction de Tirana. Les conducteurs qui nous depassent semblent dire que nous sommes fous. Les charrettes que nous croisons ralentissent pour nous laisser un passage.

Marchant dans la plaine, la chaleur est deja insupportable a 11h. Remi ne peut qu'adopter un rythme lent pour economiser ses forces et l'eau que nous devons rationner. Nous profitons de la seule zone d'ombre a 12h30 pour dejeuner et casser cette ligne droite interminable.

Nous finirons tout de meme par arriver a Lezhe, 35 km au sud de Shkroder. Nous nous posons a la terrasse d'un cafe pour deguster un soda bien rafraichissant. La tete a chauffe aujourd'hui !

Mais il ne faut pas se reposer trop longtemps car nous changeons rapidement nos plans. Plutot que de payer une nuit a 30 euros ce soir, nous preferons partir le soir meme a Tirana, la capitale, et eviter de remettre une journee si eprouvante le lendemain.

Nous filons sans perdre de temps en taxi a Tirana. En voiture, car il faudrait attendre le lendemain pour attendre l'unique train qui rallie la capitale ; a pied, c'est bien trop dangereux.

En effet, l'entree dans la ville est spectaculaire : les voitures se bousculent au portillon. Chacune (toujours des Mercedes)  se frole, klaxonne, zigzague pour trouver la meilleure des 4 files qui leur permettraient de rejoindre le centre le plus rapidement. Sans parler des nids-de-poules qui defoncent la chaussee et qui font jouer les voitures a saute-moutons.

Demandant au taxi de nous deposer devant un hotel bon marche, le chauffeur nous emmene dans un quartier sombre de la ville, a cote d'une epicerie tenue par un homme et son fils. Connait-il ces personnes ? S'agit-il d'un traquenard ? Nous ne sommes pas tranquilles. Nous ne voulons pas ceder a la paranoia mais sommes cependant au courant de certaines pratiques operees dans ce pays pauvre de l'Europe. 

Nous negocions le prix de la chambre, encastree dans un immeuble riquiqui, qui n'est manifestement pas un hotel comme nous l'avions demande, prenons une douche rapide, cadenassons nos sacs et partons pour une visite de la ville.

Les rues de Tirana sont tres animees. Sa place centrale, ornee de l'opera, de la mosquee et du musee est eclairee en bleu, ce qui donne une touche moderne a la ville. Les terrasses de cafes sont bondees, les hommes regardant le foot italien retransmis a la tele. Les reverberes qui illuminent le canal donne aux rues un air de Quais de Seine. Nous sommes agreablement surpris par cette ville jeune et dynamique, ou nous passons le reste de la soiree a flaner.

Au retour, nous retrouvons l'epicier et son fils. Ils sont en fait tres sympathiques et desirent vehiculer aux peu de touristes une bonne image de la ville et de ses habitants.

 

par CapAsia publié dans : Albanie
Mercredi 2 novembre 2005

Jeudi 20 octobre

Nous visitons tot le monastere. Imbrique dans la roche, celui-ci n'est pas profond. C'est donc peu de temps apres que nous quittons Ostrog pour marcher en direction de Podgorica, la capitale du Montenegro. Le temps n'est pas beau. Pas question neanmmoins de se plaindre ni d'interrompre la marche a cause de la pluie. Pas question non plus de s'arreter trop souvent. La marche du jour est longue. Nous l'avons meme surestimee. Sur un bord de nationale, sous la pluie, nous nous arretons manger pour reprendre des forces.

Mais rien n'y fait. A 3 km de Danilovgrad, nous capitulons. Apres 25 km de marche sous la pluie, la nuit commence a tomber. Nous ne pouvons plus progresser a pied. Pendant 1 heure nous tentons le stop. Un jeune s'arrete enfin pour nous prendre. Interloque, il se demande franchement ce que 2 hommes font ici, en pleine campagne. Nous lui tendons en reponse l'article de journal. Amuse, il veut nous invite a boire un coup. Nous ne pouvons pas refuser. Le the, traditionnellement accompagne de rhum ici (!), nous fait un bien fou. Nous le remercions avant de monter dans un taxi collectif qui nous emmenera dans le quartier etudiant de Podgorica.

Dans le noir, evitant les flaques d'eau, nous avons du mal a trouver la residence ou une chambre nous a ete reservee. Nous finissons par la trouver, prenons une douche bien meritee, et filons au refectoire ou sont servis jusqu'a 20h des plats pour l'equivalent de 50 centimes d'euros. Ce n'est pas une gastronomie tres fine : potage en entree, pommes de terres frites escalope de poulet panee, riz au lait en dessert. Tres gras mais nourrissant. Et pas cher !

Nous y rencontrons Nenad, jeune travailleur qui a voulu mettre un terme a ses etudes d'economie en passant le dernier examen qui lui manque. Nous passerons le reste de la soiree avec lui et ses amis dans sa chambre, ou ils celebrent la fin des etudes pour l'un des leurs. Nous ne manquons pas non plus de visiter la ville avec lui. Podgorica est tres vivant, les jeunes savent y faire la fete dans les nombreux pubs qui animent le centre. On se sent en Europe, excepte que le cout de la vie est beaucoup moins cher : imaginez le prix d'une conso a moins d'1 euro en France !

 

Vendredi 21 Octobre (qui est en fait samedi 22, y'a un decalage quelque part, desole...)

Nous avons rdv a 8h30 avec Nenad au refectoire. Dehors s'abat un vrai deluge. La pluie, qui inonde veritablement les rues, compromet notre visite de Cetijne, la capitale historique du pays. Nous passons la journee dans notre chambre et "au 6", numero de chambre de Nenad, lieu de rencontre de pas mal d'etudiants de la residence.

Ce soir se tient une soiree pour feter la fin de etudes d'un ami de Nenad. Nous y sommes convies. 150 personnes sont attendues.

C'est bon de retrouver un temps l'ambiance etudiante. Ca casse un peu notre train train quotidien. Nous parlons a de nombreux montenegrins, qui sont enchantes de notre voyage. Nous sommes invites dans a peu pres toutes les regions du Montenegro. Nous ne pouvons neanmmoins pas les satisfaire tous. Pour une prochaine fois. C'est sur nous remettrons un jour les pieds dans ce pays magnifique ou les gens sont chaleureux. Nous nous couchons a 5h du matin.

 

Dimanche 23 octobre

Ce matin, c'est leve a 10h30! Pas question de se lever comme d'habitude a 7h30 apres seulement 2h30 de sommeil.

A 12h, nous retrouvons Nenad, prenons le dejeuner ensemble et partons chez lui, a Bar, ville cotiere a proximite de la frontiere albanaise. Dans le train, nous sommes surpris de voir des policiers (des armoires a glace !) effectuer des controles d'identite inopines. Cette fois-ci nous etions munis de billets, pas question de frauder avec des morceaux pareils au controle !!!

Nenad habite chez ses parents une belle maison. Sur sa terrasse, nous surplombons Bar. Sa mere ne peut pas s'empecher  de nous offrir le the et des biscuits. Nous faisons aussi la rencontre d'un couple d'anciens diplomates yougoslaves, qui parle tres bien francais, et qui nous conseille de nous empresser d'aller visiter la vieille ville.

Nous partons donc sur le champs avec Nenad. La porte de la cite est fermee. mais un jeune garcon de 13 ans est poste devant. Il nous emmene voir le vieux pont, nous cueille des pommes japonaises et nous guide vers la riviere ou il se baigne tous les ete avec ses camarades. Il est impressionnant de maturite et de dexterite. Ici, les jeunes enfants trainent pas mal dans les rues et se debrouillent seuls pendant que les parents travaillent. Aujourd'hui, c'est dimanche et il n'y a pas ecole. Comme tous les etes, il se propose comme guide de la ville et gagne un peu d'argent de cette maniere.

Nous decouvrons le "nouveau" Bar le soir meme. On sent que c'est une ville assez riche, qui regorge de touristes l'ete. Nenad nous confiera alors qu'il est impossible de circuler dans les rues tant il y a de monde. Le Montenegro offre des conditions climatiques exceptionnelles toute l'annee : le climat ici est tempere et il ne pleut pas enormement. Dans les montagnes, il est pourtant possible de skier !

 

Lundi 24 octobre

Nous prevoyons de passer la frontiere albanaise aujourd'hui. Le plus simple pour nous est de le faire avec Gansi, un ami de Nenad, qui opere la liaison entre les deux pays en fin d'apres-midi.

En attendant 16h, nous nous rendons sur le marche de Bar le matin. Les marchands sont amuses de voir deux touristes ici. Nous n'hesitons pas a les prendre en photos, avec leur accord. Leurs visages sont si expressifs ! La moitie des femmes et hommes sont edentes mais ils ont l'air tellement heureux ! Ils ne roulent pourtant pas sur l'or, vendant leurs produits pour une bouchee de pain...

Nous rentrons dejeuner chez Nenad. Sa mere nous a prepare une moussaka. En plus d'etre extremement gentille, c'est un veritable cordon bleu !

A 15h, nous plions bagages. Nous ne manquons pas de faire une photo de la famille. Nous avons pour habitude de prendre les adresses des gens qui nous ont recus pour leur envoyer ensuite une carte postale.

C'est presque a regret que nous quittons la maison. C'est qu'on s'y sentait bien ! Et dire que cette fabuleuse rencontre ne tient qu'au fait que Nenad nous a parle au refectoire, curieux de savoir d'ou nous venions. C'est l'histoire de 2 minutes. Vraiment. Mais la suite de l'aventure nous reserve tellement d'autres surprises. Oui, vite, il faut filer en Albanie et avancer encore un peu plus vers l'est...

 

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